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Quand les milliardaires se lancent dans le cinéma

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Si nos milliardaires se sont lancés dans l'audiovisuel, ils ont refusé d'investir dans le cinéma. Ce n'est pas le cas de nos voisins tunisiens, marocains et égyptiens. Le lancement, récemment du festival El Gouna en Egypte, piloté par le milliardaire copte Nagib Sawiris, en est un exemple. En Tunisie, Tarek Ben Ammar, le Franco-Tunisien a depuis longtemps investi dans le monde culturel du cinéma et l'audiovisuel. L'homme s'est d'abord fait connaître comme producteur de films, slalomant entre la Tunisie, son pays de naissance, l'Italie, son pays d'adoption, et la France, sa seconde patrie. «De père tunisien, de mère corse, citoyen du monde et musulman non pratiquant, ouvert à toutes les religions», affirme toujours Tarek, pour les intimes. Il a lancé Quinta Communications, et en Italie, une chaîne de sport, des fréquences numériques et un catalogue de 1 500 films. Il a aussi investi dans la chaîne tunisienne Nessma et l'égyptienne Ontv, ainsi que dans la société de production des frères Weinstein. Un ensemble hétéroclite valorisé à 240 millions d'euros. Tarek Ben Ammar a copié sur ses amis Silvio Berlusconi et Vincent Bolloré. Choisissant d'être plus producteur qu'organisateur de festivals, Tarek Ben Ammar a investi dans l'événementiel. Il a notamment été le seul Arabe et surtout Maghrébin à organiser un concert de Michael Jackson. Au Maroc également ils ont leur milliardaire amoureux du cinéma et de la télévision, Othmane Bendjelloun. L'homme d'affaires le plus riche du Maroc, est plus concentré pour le moment, dans les finances et la banque. En 2008, il avait déposé un dossier pour lancer une télévision, mais après délibération, le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (Csca) avait décidé de ne pas lui délivrer de licence. La raison invoquée à l'époque: «dégradation de la situation publicitaire ainsi que la crise traversée par Médi1Sat (actuelle Médi1TV) et le risque encouru pour le secteur dans son ensemble, pouvant compromettre l'équilibre et la viabilité des opérateurs audiovisuels publics et privés existants». En réalité, le roi ne l'a pas laissé lancer son média, sur les conseils de son conseiller en communication et médias: André Azouley. Finalement, le richissime Bendjelloun entre dans le capital de Médi1 TV et un investisseur français dans celui de la chaîne 2M. Ainsi, les milliardaires savent quelle est l'importance d'une télévision et son influence sur la population et le pouvoir en place. Sawiris l'a compris et est soutenu dans sa démarche par le président al Sissi. Ainsi, Ben Ammar, Sawiris, Bendjelloun, ne sont pas poursuivis par des milliardaires algériens qui ont investi dans l'audiovisuel mais renonce à soutenir le cinéma. Seul Moumène Khalifa avait fait exception. Il avait d'ailleurs utilisé les stars du cinéma pour lancer sa chaîne de télévision, Khalifa TV.

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