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Le terrorisme dans la chambre noire de l'Entv

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Il y a quelques jours on évoquait dans ces colonnes, l'utilisation du thème de la décennie noire au cinéma, précisant justement qu'il n'existe aucun film sur la période du terrorisme à la télévision algérienne. Et voilà que l'Entv surprend tout le monde et diffuse un documentaire sur la décennie noire. Bien sûr, cette diffusion possède sa feuille de route et son programme. Mais le plus étonnant, c'est de constater que l'Entv possède encore sa force dans le paysage audiovisuel. A coup de bandes annonces et d'alertes et surtout de promotions, elle a réussi à capter l'intérêt des Algériens en plein week-end et en plein match de football de la CAF avec l'USMA et le derby des doyens, le CSC et le MCA. Le reportage réalisé par Lotfi Chériet qui n'est pas censé diriger cette entreprise, a provoqué un véritable séisme dans la société algérienne. Les Algériens, qui pensaient avoir oublié ces images atroces de sang et de violence les retrouvent dans les arcanes de la télévision publique celle que l'on critique souvent pour ne pas diffuser les images de sang et de débats contradictoires. Une télévision qui ne connaît ni Bentalha ni Sidi Moussa ni Takhoukht ni Sfisef, le lieu où ont été égorgées une à une les 11 enseignantes en 1997, soit 20 ans après. Il faut dire même que les archives de l'Entv n'ont pas été associées à cette trouvaille, parce que les meilleures images du terrorisme ont été illégalement sorties du 21 boulevard des Martyrs par des journalistes afin de les vendre à des chaînes arabes qui tirent chaque jour sur l'Algérie. Oui, à Al Jazeera et MBC et même Med1 TV. Le terrorisme n'existe pas seulement dans le maquis, il existe également dans les têtes rompues de certaines personnes qui n'ont pas compris que ce pays a une histoire et une famille révolutionnaire. L'Entv n'est pas responsable des erreurs de cadrage, mais de la gestion des ressources humaines. Des monteurs qui piquent des archives de la maison qui leur assure leurs salaires et qui les vendent à coups de dollars à des boîtes qui complotent chaque soir dans un bar contre le DG et ses directeurs. Le plus curieux de cette histoire est que la majorité des employés de l'Entv étaient écoeurés par la diffusion de ce reportage, car ils ont le sentiment de travailler dans un laboratoire où l'on vend des images de la décennie noire. Le meilleur exemple de ce dégoût est Hafid Derradji, digne enfant de l'Entv, pur produit du 21, boulevard des Martyrs qui a exprimé sa colère dans la défaillance de son ex-entreprise. Que va raconter Djamel Maâfa, encore un ancien de l'Entv qui vient de lancer une école de formation audiovisuelle? Nous avons contribué au terrorisme intellectuel? Que va dire Soraya Bouamama qui vient de lancer un réseau de femmes professionnelles du cinéma et de la télévision? Nous l'avons échappé belle? Autant de questions auxquelles les télévisions privées n'ont pas trouvé de réponse et n'ont pas assuré la relève.

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