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Quand la diplomatie algérienne oublie le cinéma national

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Le cinéma a toujours été l'ambassadeur d'un pays et le 7e art algérien a toujours servi les diplomates et les consuls algériens à l'étranger. Souvent les diplomates sont invités à des festivals étrangers comme Cannes, Berlin ou Venise pour justement soutenir et aider avec leurs réseaux les cinéastes algériens. Une attitude qui n'est pas développée pour les autres formes d'art comme la peinture ou la littérature, jugées trop rebelles. En revanche, les diplomates ont toujours soutenu la musique algérienne et aidé les musiciens algériens dans leur représentation à l'étranger. Par exemple, l'actuel chef de cabinet au ministère de la Culture était l'ancien consul d'Algérie à Nice. Il avait fait beaucoup lors de la présentation du film Zabana à Cannes en 2012. Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, qui est conscient du professionnalisme de ce diplomate consciencieux, l'a récupéré à son niveau au cabinet, alors que le poste est plus fatigant et plus difficile que celui d'un diplomate à l'étranger. Ce professionnalisme de l'ex-consul de Nice, on ne le retrouve pas partout. L'art qui voyage le plus dans le monde actuellement est bien le cinéma. Et pourtant certains diplomates ne font pas leur travail comme il se doit. C'est le cas par exemple en Tunisie où lors de la conférence de presse des JCC, l'ambassadeur algérien, Abdelkader Hadjar, n'a pas cru bon de se déplacer à ce plus important événement culturel tunisien et a envoyé son modeste chargé des affaires culturelles. Seulement voilà, l'Algérie est l'invité d'honneur des JCC en novembre 2017, il était donc important que le diplomate algérien soit présent. En tout cas, les diplomates chinois et africains n'ont pas envoyé leurs chargés d'affaires culturelles et se sont déplacés eux-mêmes à la conférence pour justement constater de visu la bonne programmation des films de leurs pays aux JCC. Au moment où l'Institut français d'Algérie (IFA) finance et produit des films algériens, la diplomatie algérienne zappe la culture et encore plus le cinéma. Certains diplomates algériens ne se déplacent pas à des projections de films algériens à l'étranger si le film n'est pas soutenu par le ministère de la Culture et parfois même il faut un courrier du ministère pour que le diplomate daigne se déplacer ou envoyer un représentant. A Alexandrie, où une délégation algérienne composée de 11 réalisateurs, comédiens et producteurs n'ont pas vu le consul ou un représentant de l'ambassade d'Algérie en Egypte, alors que les représentants de l'ambassade de France se déplacent au Festival du film arabe d'Oran, afin d' accompagner des films qu'ils ont produit alors qu'ils ne comprennent pas l'arabe. Visiblement, nos diplomates comprennent tout sauf la diversité culturelle.

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