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Quand le DVD concurrence "sérieusement" le cinéma en Algérie

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Alors qu'on se targue d'avoir les nouveaux blockbusters de Marvel sur les grands écrans algériens, on oublie la concurrence des DVD qui ramènent presque en même temps les mêmes films projetés à l'écran à des prix compétitifs. Ainsi plusieurs sites ont annoncé cette semaine la projection à la salle Ibn Zeydoun et à la salle Ibn Khaldoun à Alger-Centre, du film Annabelle 2, Ça et du nouveau Jigsaw plus connu sous la trilogie de SAW. Les amateurs de films d'horreur sont ravis mais ce n'est pas le cas des distributeurs et principalement MD Ciné, le seul, voire le rare distributeur de cinéma régulier en Algérie, c'est un véritable parcours du combattant de sortir le film à la date «FIFA» des majors américains en Algérie à la même date qu'en France. Le distributeur algérien, qui possède un contrat d'exclusivité avec plusieurs majors américains, dont la FOX et Disney tente, autant que faire se peut, d'éviter de sortir le film commercialisé en même temps que les vendeurs de DVD. Car en matière de prix, les tarifs des billets de cinéma à la salle Ibn Khaldoun sont de 600 DA, alors que les tarifs des DVD sont de 100 à 200 DA. Avec une seule séance, on peut se payer quatre à six films et parfois même 30 films quand le DVD est en format Dvix. Depuis la fermeture des sociétés de distributions de films étatiques du Caaic en 1998, la distribution de films était assuré exclusivement par des sociétés privées. Il y avait quatre distributeurs au début des années 2000: une société de Derraïs et Djafar Djaâfari, Zertal avec Cirta Films, Malek Ali Yahia avec MD Ciné et Kinomax de Mohamed Faci. Ce dernier a arrêté l'activité alors que les autres travaillent par occasions. Derraïs n'a pas arrêté totalement la distribution, mais se consacre beaucoup plus à la production. Alors que Zertal, qui est le distributeur exclusif des films de la MGM et Chahine, reste dans le circuit afin de mener des opérations distinctes. Seul MD Ciné est resté réellement dans le circuit en se spécialisant surtout dans la projection des films en DCP. Aujourd'hui deux sociétés publiques à caractère commercial veulent se spécialiser dans ce créneau: Art et Culture qui dépend de la wilaya d'Alger et l'Onci qui dépend du ministère de la Culture ont choisi d'utiliser leurs salles de cinéma pour faire de l'argent. Si Art et Culture a choisi MD Ciné comme distributeur exclusif, l'Onci a choisi de démarcher auprès de distributeurs français afin d'alimenter son réseau de distribution, seulement voilà, l'Algérie qui passe par une situation difficile ne peut pas permettre à une société publique de faire sortir de la devise pour sous-traiter avec des opérateurs économiques français. Elle doit impérativement trouver une solution en local. De plus, la distribution de films est un métier qui doit être exercé par des spécialistes, pas par des fonctionnaires.

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