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Daoud Shirian, l'homme du peuple à la tête de l'audiovisuel saoudien

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«Au Moyen-Orient, les animateurs de talk-shows disent: 'Votre Altesse ceci, Votre Excellence cela''. Moi, j'utilise le prénom ou le nom de famille car nous sommes la voix du peuple.» Daoud Shirian, s'adressant à l'homme fort en Arabie saoudite, Mohamed Ben Salmane.
Alors qu'on pensait que les chaînes de télévision saoudiennes allaient passer une sacrée période noire, voilà que l'homme fort en Arabie saoudite, Mohamed Ben Salmane installe un journaliste «libre» à la tête de l'audiovisuel saoudien. En effet, Daoud Shirian a été installé cette semaine comme étant le nouveau patron de la Saudi Broadcasting Corporation (SBC), la puissante autorité de régulation audiovisuelle en Arabie saoudite, bouleversant au passage tous les scénarios médiatiques. C'est lui qui a eu le privilège d'interviewer l'homme fort de Riyadh, le prince héritier Mohamed ben Salmane, sur Al Arabya et qui lui a posé des questions sur ses nouvelles fonctions. Pendant près de six ans, son talk-show «Al-Thamina» (Huit heures) sur la chaîne satellitaire à capitaux saoudiens MBC a été la tribune ouverte au téléspectateur, pour dénoncer le chômage ou l'extrémisme. Cette émission était très suivie par de nombreux téléspectateurs appréciant les questions percutantes de cet homme de 63 ans et son audace à demander des comptes aux dirigeants. Dans un paysage médiatique saoudien étroitement contrôlé, un tempérament comme celui de Daoud Shirian, surnommé «allumette» pour sa capacité à s'enflammer, est rarement toléré. L'homme était le premier animateur saoudien à oser attaquer des religieux radicaux. «Vous êtes la raison pour laquelle nos fils sont des djihadistes, ils sont en Afghanistan», a-t-il dit à l'adresse de deux d'entre eux, très suivis sur les réseaux sociaux. Sa nomination à un poste clé intervient après la répression gouvernementale à l'encontre de représentants des élites et notamment des patrons des médias, parmi lesquels figuraient en effet des magnats du secteur comme le propriétaire de MBC, Walid al Ibrahim ou l'actionnaire de Rotrana Al Walid Ibn Talal. Cette année, l'Arabie saoudite a perdu trois places au classement de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, occupant le 168e rang (sur 180 pays).Dans une interview accordée à l'AFP avant sa nomination à la tête de l'audiovisuel public saoudien, Daoud Shirian a assuré que le royaume offrait «plus de liberté que vous ne le pensez». «Oui, il y a des lignes rouges comme la religion et les questions d'intérêt national», a-t-il admis. «Mais pour le reste, je ne vois pas de lignes rouges.» Le plan médiatique en Arabie saoudite est tracé.

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