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L'Algérie, le pays aux 400 salles sans distribution de films

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Au moment où les films algériens sont projetés en France, En attendant les hirondelles de Karim Moussaoui et Les bienheureux de Sofia Djama, les films algériens sortis en 2016 et 2017 attendent d'être diffusés en Algérie. L'un des paramètres du cinéma mondial, voire le symbole du succès d'un film, c'est la sortie commerciale du film en salles. Cette fonction est totalement abandonnée par la stratégie de politique culturelle algérienne. Aujourd'hui il n'existe aucun circuit de distribution de films locaux en Algérie. Lors de sa campagne pour les Oscars, le film de Lotfi Bouchouchi a eu tout le mal du monde à réunir les recettes de la projection de son film Le Puits dans les quelques salles algériennes et les quelques centres culturels où le film a été projeté. Cette stratégie fait perdre beaucoup d'argent au producteur algérien qui est le ministère de la Culture. Ce n'est pas le cas pour le producteur français qui quand il investit un euro dans un film qui parle de l'Algérie, fait tout pour que le film soit distribué en France ou vendu à une chaîne de télévision française ou européenne. C'est la seule manière de récupérer l'argent investi dans le film. Mais en réalité, les sommes débloquées par le CNC ou les chaînes de télévision françaises sont versées aux techniciens et aux artistes installés en France et qui payent les impôts dans l'Hexagone. Chez nous on investit des milliards dans un film qui est ensuite jeté dans un tiroir, sans réfléchir à un éventuel retour d'investissement. C'est l'argent public qui est ainsi dépensé pour rien. Pis encore, aucun rapatriement de la quote-part de l'Algérie pour certains films qui sont coproduits avec des pays étrangers et quand le film est vendu à une télévision étrangère ou exploité dans une salle à l'étranger. Il suffit qu'un film soit coproduit par un producteur français ou étranger pour qu'on découvre le film sur une chaîne de télévision française. L'absence de rigueur dans la poursuite de la coproduction, a conduit à des pertes considérables au niveau des institutions algériennes de cinéma. Ainsi l'Oncic et surtout le Caaic qui ont été dissous avaient des prestations importantes avec les majors à l'étranger et surtout avec les studios de films étrangers notamment Eclair et Microstempa où est stockée la majorité des négatifs des films algériens. Devant la crise qui secoue le cinéma algérien, il est important de distribuer le film algérien pour connaître sa véritable valeur commerciale. Aujourd'hui l'on n'a aucun chiffre des recettes des films algériens. Le seul chiffre que l'on possède ce sont les quatre millions d'entrées réalisées par Merzak Allouache pour son film français Chouchou. Sinon aucun autre chiffre pour placer les films algériens dans un véritable box office mondial.

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