2018 L'année de tous les dangers pour les télés privées

L'année 2017 s'achève avec son lot de surprises audiovisuelles. L'Algérie, qui s'est ouverte vers l'audiovisuel privé, s'est dotée depuis, d'une pléiade de chaînes privées qui n'ont pas réussi à effacer la télévision publique. Depuis l'avènement de la télévision privée en 2012, l'Algérie ne possède que six chaînes agréées par l'Etat: Echourouk TV, Ennahar TV, El Djazaïria TV, Hogar TV, Dzair TV et récemment Numidia News. Alors qu'une dizaine de chaînes attendent d'être officiellement validées pour le futur. C'est le cas de Samira TV, El Haddaf TV, El Bilad TV ou encore El Hayat TV lancée récemment par le patron du quotidien El Hayat, Habet Hannachi. Seulement voilà l'année 2018 s'annonce difficile pour les télévisions privées qui avaient bâti leur projets sur les recettes publicitaires de l'Anep. Certains quotidiens, qui n'apportent pas grand-chose en matière d'audience, risquent de fermer boutique. La crise est déjà ressentie par certaines chaînes comme Echourouk TV et Dzaïr News, dont les journalistes n'ont pas perçu de salaires depuis des mois. Certains hommes d'affaires qui avaient lancé des chaînes de télévision pour créer un semblant d'influence, n'arrivent pas à subvenir à certaines demandes socioprofessionnelles. Il est clair que depuis que le gouvernement a décidé de créer un paysage audiovisuel, certaines chaînes n'arrivent pas à suivre. La baisse des financements extérieurs va conduire inéluctablement certains projets audiovisuels à la fermeture. Certaines chaînes cherchent même une occasion de fermeture politique, comme c'est le cas de Beur TV, télévision de droit français, qui émet des programmes en arabe à partir d'Alger et qui utilise des programmes polémiques qui risquent de provoquer sa fermeture à n'importe quel moment. Pour sa part, la chaîne El Bilad TV qui est proche des islamistes du MSP et du TAJ marche sur des oeufs et ne souhaite pas subir le même sort que la chaîne El Watan de Chelli lui aussi proche du MSP et de TAJ. Démocrates et islamistes n'ont pas d'espace audiovisuel ouvert pour réussir leur coup médiatique. Dans un paysage politique incertain et une vision future demeurée floue où les chaînes de télévision privées marchent dans l'incertitudée 2018 sera une année décisive pour la campagne concernant l'élection présidentielle. Les télévisions privées vont jouer un rôle important dans le futur et serviront d'équilibre ou de marchepied pour certains candidats en herbe.