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Quel avenir pour le cinéma amazigh après Yennayer?

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La culture amazighe célébrera officiellement demain la fête annuelle de Yennayer, le jour de l'An berbère. Dans cette optique plusieurs institutions ont planifié des programmes amazighs. C'est le cas du Cnca qui a décidé de diffuser sur ses écrans 11 oeuvres cinématographiques d'expression amazighe. Le HCA, qui est dirigé par Si El Hachemi Assad qui fut le premier initiateur du plus ancien festival cinéma en Algérie, le 7e art amazigh, au moment où l'Algérie n'avait produit que trois longs-métrages (sortis en France) et qui ont bâti le premier socle du cinéma d'expression amazighe: La montagne de Baya (Azzedine Meddour, 1997), La colline oubliée (Abderrahmane Bougermouh, 1996) et Machaho (Belkacem Hadjadj, 1996). Ces films sont ancrés dans des périodes charnières de l'histoire de la région, respectivement les années 1860 (la révolte contre les colons français), la Seconde Guerre mondiale, ont offert au cinéma algérien d'expression amazighe ses premières lettres de noblesse. Malheureusement, après la mort des deux premiers cinéastes Bouguermouh et Meddour, le flambeau n'a pas été transmis à la nouvelle génération, puisque la nouvelle vague de cinéastes d'expression amazighe a décidé d'aller vers le drama et l'action. Dans les autres expressions amazighes seules quelques tentatives ont été effectuées, un film en chaoui avec La maison jaune de Amor Hakkar et l'autre en targui avec le film Ayrouwen de Brahim Tsaki. Il faut dire que malgré le soutien du ministère de la Culture et du Cnca, il n'existe pas beaucoup de films d'expression amazighe en Algérie. Contrairement au Maroc qui a adopté une politique très large de soutien aux films amazighs: 28 sociétés de production concevèrent ainsi 158 films de 1992 à 2008, sans compter les films amazighs produits par la première chaîne nationale, au nombre de 7. 15 films sont produits annuellement par la 2M, ce qui n'est pas le cas de la télévision publique nationale qui n'a produit que quelques films en coproductions et plusieurs projets ont été doublés en tamazight. Avec l'officialisation de tamazight et l'instauration de Yennayer comme fête nationale, l'Etat a sensiblement libéré la culture amazighe qui était censurée par le passé. Ainsi, le film l'Opium et le bâton qui devrait être doublé en kabyle en raison de la localité où il a été tourné et surtout parce qu'il a été adapté du roman de Mouloud Mammeri, a constitué comme un frein pour le développement du cinéma d'expression amazighe. La télévision publique a fait un geste cependant en produisant après octobre 1988 un moyen-métrage en 1991 Vendeur de neige de Achour Kessaï qui peut être considéré comme le premier film amazigh diffusé à la télévision algérienne. La fin des djins de Chérif Aggoune réalisé en 1990 sera pour sa part le premier court-métrage professionnel produit pour le cinéma d'expression amazighe. Les portes du cinéma s'ouvriront ensuite à d'autres cinéastes, mais aujourd'hui on s'interroge avec toutes ces ouvertures culturelles et politiques sur l'avenir du cinéma d'expression amazighe en Algérie.

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