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Un film israélien qui dérange Israël sera diffusé à Paris

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C'est du jamais vu, dans les annales du cinéma dans le monde, un pays s'est opposé à un film issu de son propre camp. Ainsi, l'ambassadrice d'Israël en France a annoncé qu'elle ne participera pas à la soirée d'ouverture du Festival du cinéma israélien de Paris en raison de la diffusion du film Foxtrot, a annoncé dimanche dernier le ministère israélien des Affaires étrangères. L'ambassade «a suggéré à la direction française du festival de choisir un film qui ne suscite pas la controverse pour sa soirée d'ouverture mais à la suite de son refus (...), le ministère a décidé que l'ambassadrice ne sera pas présente à cette soirée», a-t-il affirmé dans un communiqué. Pourquoi l'Etat hébreu s'oppose-t-il à un film de son propre camp? En réalité, le film Foxtrot du réalisateur israélien Samuel Maoz ne plaît pas aux autorités israéliennes, car il critique leur armée, notamment pour ses exactions contre les Palestiniens. Une scène cependant reste symbolique, elle montre un dromadaire qui passe la frontière alors que les Palestiniens sont empêchés arbitrairement de la traverser. Le film, qui a participé à plusieurs festivals dans le monde dont celui de Toronto, a obtenu l'an dernier le Lion d'argent, Grand Prix du jury à la Mostra de Venise. La ministre de la Culture Miri Regev, qui est connue pour ses positions d'extrême droite, avait alors accusé le film de prêter le flanc à une accusation de «meurtre rituel» à l'encontre de soldats israéliens. La ministre de la Culture (on se demande quelle culture elle défend) s'est même réjouie de la non-sélection du film Foxtrot aux Oscars en janvier, affirmant que «cette décision nous a épargné une déception et une représentation mensongère dans le monde de l'armée israélienne». En réalité, le film réalisé par un cinéaste de gauche offrait une image juste réelle et affreuse de l'armée coloniale la plus barbare de la planète. La ministre israélienne de la Culture a également fait pression ces jours-ci sur le ministère des Affaires étrangères pour qu'il retire son soutien financier au Festival. «Avant nous avions le BDS contre nous, et maintenant j'ai l'impression que ça vient de mon propre camp», a réagi la présidente du Festival du cinéma israélien de Paris, Hélène Schoumann, qui s'exprimait sur la chaîne franco-israélienne i24News. Le réalisateur, Samuel Maoz, avait affirmé en septembre 2017, qu'il critiquait l'endroit où il vivait «parce que je me fais du souci, parce que je veux le protéger, je le fais par amour». Le cinéaste israélien a même été interviewé par la chaîne Al Jazeera English sur le film et sa valeur cinématographique et son impact dans le monde. La 18e édition du Festival du cinéma israélien se déroulera du 13 au 20 mars à Paris et sera sans doute le lieu le plus surveillé de France, car il risque d'être mouvementé cette année, puisqu'il fait l'objet de plusieurs menaces, politiques, médiatiques et même sécuritaires.

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