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L'Algérie, le parent pauvre du cinéma à Cannes

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L'Algérie, le seul pays africain et arabe à décrocher une Palme d'or au prestigieux festival de Cannes avec le film de Mohamed Lakhdar Hamina Chronique des années de braise en 1975 et le Prix de la première oeuvre avec Le vent des Aurès en 1966, toujours avec le même Mohamed Lakhdar Hamina et le premier Prix d'interprétation pour des comédiens d'origine maghrébine pour le film algérien Indigènes de Rachid Bouchareb se retrouve aujourd'hui absente du festival de Cannes. Il ne sera représenté seulement que par un court-métrage de 15 mn Un jour de mariage qui est réalisé par un Franco-Algérien, Elias Belkeddar. Le film qui a été tourné à Alger, est inscrit au festival de Cannes dans la catégorie court métrage à la 57e édition de la Semaine de la critique, qui est organisée en marge du Festival international du film de Cannes. Le film qui sera présenté en avant-première mondiale à Cannes, raconte l'histoire de Karim, un voyou français en exil à Alger, qui vit de petites combines. Il traîne son spleen auprès d'autres bandits à Alger, qui est présentée comme une prison à ciel ouvert.
A côté de cela, quelques courts-métrages algériens inscrits hors compétition au Short Corner qui sauvera la mise dans un océan d'absences et de critiques. Et pourtant cette année, le cinéma arabe sera en lice dans la sélection officielle grâce à Yomeddine de l'Égyptien Abu Bakr Shawky et Capharnaüm de Nadine Labaki, pour le Liban. Un autre pays arabe voisin est présent à Cannes Mon tissu préféré de la Syrienne Gaya Jiji. C'est la première participation à ce niveau de compétition d'un film syrien à Cannes.
Yomeddine, qui n'est pas associé à la révolution, raconte l'histoire d'un homme qui quitte pour la première fois la léproserie dans laquelle il vit pour parcourir l'Égypte en compagnie d'un orphelin et d'un âne en quête de sa famille qui l'a abandonné, enfant. Le rôle principal a été confié à un acteur non professionnel, lui-même atteint de la lèpre.
Dans l'autre grande sélection du festival officiel, Un certain regard, on trouvera cette année trois films réalisés par des Africains. Le Maghreb sera ainsi représenté par la Marocaine Meryem Benm'Barek, qui, avec Sofia, son premier long-métrage, évoque le parcours d'une toute jeune maman qui veut éviter d'être dénoncée par l'hôpital comme fille-mère et part à la recherche du père de son enfant nouveau-né.
Pour sa part la Kényane Wanuri Kahiu participe à Cannes avec un conte filmique Rafiki, une histoire d'amour entre deux jeunes femmes, contrariée par leurs familles et le poids de la tradition. Un deuxième long-métrage de fiction pour la réalisatrice, d'après la nouvelle Jambula Tree de l'écrivaine ougandaise Monica Arac de Nyeko. Par ailleurs Etienne Kallos, cinéaste d'origine grecque mais vivant en Afrique du Sud, dont il a pris la nationalité, viendra à Cannes pour présenter son premier long-métrage, Les Moissoneurs, un drame qui se passe en pays africain. Autant dire que l'Algérie sera absente de cette grande rencontre du cinéma mondial.

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