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Le Groupe saoudien SBC censure un feuilleton égyptien durant le Ramadhan

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Après avoir censuré les séries turques sur les chaînes arabes et notamment celles financées par le Groupe saoudien MBC, l'Arabie saoudite a encore frappé en censurant partiellement un feuilleton égyptien durant ce mois sacré du Ramadhan. En effet, la série Ard el-nefaq (La terre de l'hypocrisie) qui est diffusée sur plusieurs chaînes arabes durant ce mois sacré a été contrainte d'éliminer de plusieurs scènes un personnage joué par le célèbre présentateur égyptien Ibrahim Eissa, sous la pression du Groupe audiovisuel public saoudien Saudi Broadcasting Corporation (SBC). Critique notoire de l'islam politique dans ses émissions, Ibrahim Eissa avait accusé l'Arabie saoudite d'utiliser l'argent du pétrole pour favoriser la promotion de l'islamisme politique, le djihadisme et le terrorisme.
Selon certains médias arabes, des scènes ont été coupées et refaites sans Ibrahim Eissa «avec l'accord du producteur». Présent dans la bande-annonce initiale, M.Ibrahim Eissa a été effacé dans la version finale. Selon la presse égyptienne, qui cite le producteur, Gamel el-Adl, il y a deux versions de la série.
La série est basée sur un célèbre roman de l'Égyptien Youssef el-Sebaï, déjà adapté au cinéma. Il suit les aventures de Massoud, un homme servile, malmené par son patron et sa femme, qui finit par gravir les échelons en consommant des «pilules d'hypocrisie» achetées chez un «vendeur de morale». Les séries TV égyptiennes sont l'équivalent des «telenovelas», et leur diffusion domine toute la région, en particulier pendant le Ramadhan. Seules les productions des Émirats arabes unis peuvent rivaliser, mais dans les pays du Golfe uniquement, selon Ibrahim Hamouda, P-DG de Square Media Production. Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, l'Égypte reste très compétitive, surtout depuis que les séries syriennes, un temps concurrentes, ont disparu du paysage audiovisuel de la région après le début de la guerre civile en 2011. L'intervention de SBC a été rendu publique le 2 mai lorsque Saoud al-Qahtani, un conseiller royal saoudien influent, a critiqué dans un tweet le fait de «donner des programmes aux personnalités des médias arabes qui ont insulté nos dirigeants et notre pays». Cet incident rappelle l'importance de ces productions, regardées par des millions de téléspectateurs au Moyen-Orient. «Pendant le Ramadhan, une série (égyptienne) peut être diffusée sur cinq à 10 chaînes arabes, donc il est très important que le contenu soit attrayant pour les téléspectateurs arabes, pas seulement les Égyptiens», explique M. Hamouda. L'Égypte, avec ses 100 millions d'habitants, demeure le plus gros marché du Monde arabe ainsi que pour les producteurs arabes de tous bords. 25 à 30 dramas sont actuellement diffusées durant le Ramadhan sur les chaînes privées et publiques en Egypte. Certains feuilletons de 30 épisodes coûtent environ 1,2 million d'euros, et encore, ce sont des séries sans stars avec juste de nouveaux visages. En incluant des stars comme Yousra ou Adel Imam, le coût du feuilleton peut atteindre les 3,3 millions d'euros.

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