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Quand Mohamed Rouda ignore le cinéma algérien

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Quelle place pour le cinéma algérien dans le Monde arabe? Dans un classement des 100 meilleurs films arabes publié par le critique libanais Mohamed Rouda, il n'y avait que quatre films algériens sélectionnés: trois longs métrages «Le charbonnier» à la 72e place, «L'histoire d'une rencontre» de Brahim Tsaki à la 74e place et à la 94e place «Nahla» de Farouk Beloufa et «Le documentaire» de Hamid Benamra à la 29e place. Un documentaire qui n'a été diffusé qu'au Festival du film arabe d'Oran en 2016. Curieusement dans ce classement exhaustif du cinéma arabe où on retrouve au moins une cinquantaine de films égyptiens, des dizaines de films syriens, quelques films libanais, on ne retrouve aucun film des trois cinéastes algériens les plus reconnus sur le plan international: Mohamed Lakhdar Hamina, Palme d'or 1975 pour «Chronique des années de braise», un Prix de la première oeuvre (l'équivalent aujourd'hui de la caméra d'or) en 1966, avec «Vents des Aurès». Merzak Allouache avec l'inamovible «Omar Gatlato», ou encore ses derniers films sélectionnés à Venise et Cannes comme «Le Repenti» et «Madame Courage». Sans oublier Rachid Bouchareb et ses deux superproductions «Indigènes», qui a été sélectionné aux Oscars avec l'Algérie en 2007, ou encore «Hors la loi» en 2010, sélectionné au festival de Cannes et aux Oscars. A cela s'ajoutent les films de Ahmed Rachedi, les plus reconnus sur le plan critique comme «L'Opium et le bâton» et surtout «Ali au pays des mirages», l'un des meilleurs films sur l'émigration algérienne en France. Dans cette liste des films qui ont obtenu des notes positives de la critique, le film «Rachida» de Yamina Bachir Chouikh, l'un des témoignages les plus réussis sur la période du terrorisme et le film de son mari Mohamed Chouikh «La Citadelle», l'un des premiers films arabes à dénoncer la polygamie dans la société arabe. Pourquoi le grand critique Mohamed Rouda a ignoré tous ces films? C'est sans doute en raison de l'absence d'une diffusion large de ces films sur les réseaux arabes. Ce critique libanais qui est également chargé de production sur la chaîne MBC n'a jamais été invité dans un festival algérien, et notamment le festival du film arabe, pour mieux connaître le cinéma algérien. De plus, il n'a pas de livres ou de dictionnaire en arabe sur le cinéma algérien édité dans le Monde arabe ou par les festivals. A cela, s'ajoute une mauvaise promotion de nos critiques dans le Monde arabe. Certains passent plus leur temps à s'insulter sur les réseaux sociaux que faire l'éloge au lieu de faire la critique des films algériens. L'absence d'une chaîne satellitaire et d'une émission de cinéma de référence a véritablement écarté le cinéma algérien des grands festivals arabes. De plus, certains cinéastes, restés toujours colonisés culturellement, sont attachés à la France et ses festivals, ce qui minimise leur chance sur le plan international et surtout arabe.

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