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La révolution algérienne ne sera pas projetée au cinéma

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Le traitement des films sur la révolution ne sont pas seulement difficiles à faire en France, mais aussi en Algérie. Alors que la majorité des cinéastes algériens, qui ont commis des films sur la révolution, a respecté les clauses de l'histoire officielle, deux cinéastes se sont permis des libertés dans le traitement de l'histoire: Lyès Salem pour le film L'Oranais et Bachir Derrais pour le film Ben M'hidi. Si le premier est une fiction largement inspirée de la réalité historique, le second s'est inspiré des témoignages des historiens indépendants, qui ont passé leur vie à raconter l'histoire cachée aux Algériens: les conflits entre les chefs historiques et la guerre interne au FLN. Si les historiens se donnent une liberté pour traiter des sujets sensibles et parfois cachés de la guerre d'Algérie, il est parfois difficile de cerner la vérité absolue car chaque version diffère d'un intervenant à un autre. Certains sujets sensibles de la Guerre de Libération nationale comme la Bleuite, l'assassinat de Abane, le massacre de Melouza et des militants du MNA, ou encore l'arrestation de Djamila Bouhired et celle de Alilou sur l'affaire des bleus de chauffe (bouchkara) ont été évoqués par certains acteurs réels de la guerre, mais jamais acceptés par les tenants de l'histoire officielle, ou mis en images sur le grand écran. La guerre d'Algérie vue par les Français est aussi mal acceptée. En France, le film Hors la loi de Rachid Bouchareb a été mal accepté en France à cause de seulement 8mn des scènes de massacres du 8 Mai 1945 à Sétif. La violence de cette scène a été mal acceptée par la France et certains milieux de l'extrême droite. Alors que d'autres films ont été acceptés par les autorités militaires françaises, les milieux politiques de ce pays restent opposés à toute dénonciation des exactions de l'ancienne puissance coloniale en Algérie. Le film de Laurent Haymann, La question, qui dénonce la torture durant la bataille d'Alger ou encore le film Ennemi intime qui dénonce également les exactions des militaires dans les djebels ne sont pas médiatisés en France et seront même écartés de toutes compétitions dans les festivals et concours comme les Césars. Le traitement réservé par les médias français et certains lobbys au film de Rachid Bouchareb, Hors la loi, lors du festival de Cannes en 2010, démontre que la France n'est pas prête à pardonner d'avoir perdu l'Algérie sa meilleure colonie. Quoi qu'il en soit, les films sur la guerre d'Algérie restent encore interdits de part et d'autre. L'instruction qui a été donnée en 2013, d'installer une commission de visionnage dépendant du ministère de la Culture a été respectée suite à la polémique provoquée par, la projection du film Ennemi intime de Florent Siri qui a montré les exactions de l'ALN dans le village de Melouza et notamment une scène où une femme avait les seins coupés. Cette violence des scènes est née de cette guerre des images qui n'est pas finie entre les historiens et les survivants de la guerre d'Algérie dans les deux camps.

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