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La guerre culturelle dans le cinéma algérien

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«Qui se flatte d'avoir beaucoup d'amis court le risque d'en perdre autant qu'il en mettra à l'épreuve.» Citation de Louis Joseph Mabire, Le dictionnaire de maximes (1830)

Depuis quelques semaines, une guerre larvée a éclaté entre des artistes et des journalistes algériens d'un côté, et le ministre de la Culture et ses partisans de l'autre. L'objet de cette guerre des mots sur les réseaux sociaux est le dernier souffle du cinéma algérien. Durant plus d'une quinzaine d'années, l'ex-ministre de la Culture, Khalida Toumi, avait réussi à faire taire la colère des artistes et des cinéastes à coups de subventions et de milliards. Plusieurs artistes, cinéastes et journalistes, qui avaient fait les frais de la fermeture des entreprises cinématographiques comme le Caaic et l'Enpa en 1998 avaient bénéficié du soutien pour leurs sociétés nouvellement créées. Le cinéma algérien avait à l'époque une trentaine de cinéastes diplômés, pour la plupart, des écoles russe, yougoslave et polonaise. La tendance révolutionnaire était à cette époque installée dans les gènes de certains cinéastes, comme Amar Laskri. En revanche, d'autres cinéastes ont choisi de se former en France et en Belgique comme c'est le cas pour Belkacem Hadjadj. Entre 2003 et 2014, Khalida Toumi a largement distribué la manne financière pour calmer la révolte des artistes. Après 2014, Nadia Labidi s'est retrouvée avec un léger retrait des aides, ce qui a provoqué une volte-face de certains artistes aidés dans cette mission par l'Onci et les membres du PT qui ont volontairement fait fuiter certaines informations sur son implication dans l'opération «Constantine 2015». Avec l'arrivée de Azzedine Mihoubi, les choses ne se sont pas améliorées pour les artistes et surtout les réalisateurs devenus par la force du temps des producteurs exécutifs éternels. Seulement, avec Mihoubi, fini le social culturel, la fin de la gabegie, la fin du soutien indéfectible aucinéma algérien. Fini le soutien des films de plus de 10 milliards alors que le Fdatic continue d'accorder des aides de seulement 10 millions de dinars. Cette situation a conduit inéluctablement à la création d'un front contre Mihoubi. Mais le plus étonnant, c'est que ce ne sont pas les cinéastes qui ont constitué un front contre lui, mais bien ses amis proches: des poètes, des écrivains et des journalistes. Ces derniers lui reprochent l'arrêt de son soutien financier à leurs projets, leurs festivals et surtout leurs associations. Alors on lui cherche des poux et surtout on attaque des artistes proches de lui, notamment la productrice Samira Hadj Djilani, qui est en plein tournage du film Ahmed Bey. Une guerre féroce est alors déclarée contre la production sur les réseaux sociaux, notamment ensuite sur les télévisions. Tous les coups sont permis, même les plus bas. Objectif: faire tomber le ministre, comme ce fut le cas pour Nadia Labidi, qui a été débarquée au bout d'une année. Seulement, Mihoubi possède un soutien de taille de son parti et son Premier ministre. La guerre culturelle s'annonce féroce et surtout longue.

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