Accueil |Culture | L'Ecran libre |

Les chaînes françaises dont Canal+ s'organisent pour protéger leur cinéma de Netflix

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Le Groupe Canal+ a signé la nouvelle chronologie des médias et va pouvoir ainsi diffuser des films dès 6 mois après leur sortie en salles sur sa chaîne à péage Canal+. A l'occasion de la signature de cet accord avec le cinéma français, le Groupe Canal+ rappelle qu'il est le premier soutien en France avec quelque 150 millions d'euros investis chaque année pour la seule chaîne Canal+ et près de 400 millions d'euros aux bornes du Groupe Canal+ pour le cinéma français et européen. En effet, 21 groupes de télévision (France Télévisions, TF1, M6, Canal+, Arte, OCS) et la quasi-totalité des représentants du cinéma (réalisateurs, auteurs, producteurs, distributeurs, représentants de la vidéo, exploitants de salles) - ont signé dans la matinée du vendredi 21 décembre, un nouvel accord modifiant en profondeur les règles de la chronologie des médias. Elles seront prolongées jusqu'en décembre 2022. Il s'agit, en fait, de l'ordre et du tempo selon lesquels un long-métrage peut être diffusé en DVD, en Blue-ray, sur les chaînes cryptées, comme Canal+, ou en clair, ou sur les plates-formes de vidéo à la demande payante comme Netflix. Les règles actuelles, fixées en 2009, étaient devenues totalement obsolètes du fait de l'émergence de Netflix et des Google, Amazon, Facebook et autres Apple. Ce qui explique, par exemple, qu'aujourd'hui, Roma (2018), d'Alfonso Cuarón, financé par Netflix, ne soit pas diffusé dans les cinémas français. Le projet vise à permettre aux spectateurs français un accès plus rapide aux 700 films à l'affiche dans les cinémas sur les autres supports. Plusieurs médiateurs ont échoué. Canal+, en renégociant ses propres accords avec le cinéma, a fait achopper un accord qui semblait à portée de main, en novembre. La chaîne cryptée a finalement rallié la majorité. OCS a été le dernier signataire. Il devait renouveler ses propres accords avec le cinéma français, avant de pouvoir parapher le nouveau texte sur la chronologie des médias. Désormais, la vente ou la location d'un film en vidéo peut s'effectuer trois ou quatre mois après la sortie d'un film en salle, selon que ces longs-métrages ont - ou non - atteint le seuil des 100 000 spectateurs. Pour les chaînes payantes comme Canal+, le délai est donc réduit de 11 mois à 8 mois, voire même à 6 mois pour les oeuvres n'ayant pas connu un franc succès en salle. Les chaînes en clair verront ce délai écourté de trois mois. Pour les services de vidéo à la demande par abonnement, comme Netflix ou Amazon Prime, cette période de 36 mois sera raccourcie à 17, voire à 15 mois, à condition que ces entreprises s'engagent à financer le cinéma. Il leur est demandé de diffuser des longs-métrages européens, mais aussi de consacrer une part significative de leur chiffre d'affaires annuel au développement de la production d'oeuvres cinématographiques françaises et européennes.

Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha