Accueil |Culture | L'Ecran libre |

Le PAF a un nouveau président du CSA

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Le paysage audiovisuel français a un nouveau président du Conseil supérieur de l'audiovisuel, considéré comme le gendarme du petit écran en France: Roch-Olivier Maistre. Ce dernier était président de chambre et rapporteur général à la Cour des comptes, et a été nommé en remplacement d'Olivier Schrameck.
Alors que les observateurs attendaient une femme, c'est en fait un homme de 63 ans, avec un parcours, tout ce qu'il y a de plus classique, qu'Emmanuel Macron a nommé à la tête du CSA. Pour ceux qui ne connaissent pas Roch-Olivier Maistre, c'est un haut fonctionnaire, un grand serviteur de l'Etat, qui a fait la même école que Macron, l'ENA, et qui est un magistrat à la Cour des comptes, tout à fait irréprochable. Il a été à la direction des affaires culturelles de la Ville de Paris lorsque Jacques Chirac, en était maire, il a été conseiller au ministère de la Culture dans le gouvernement Chirac entre 1986 et 1988, où il a d'ailleurs participé à la rédaction de la loi sur l'audiovisuel. Puis il a dirigé la Comédie française, présidé le Conseil national du théâtre et a rejoint l'Elysée, encore sous Jacques Chirac, pour en être le conseiller pour la culture et l'éducation. Depuis 2005, et son arrivée à la Cour des comptes, il n'a jamais été loin de la culture et des médias. On lui doit notamment un rapport sur le Centre national de la musique, après avoir été médiateur pour le cinéma et effectué plusieurs missions en faveur des aides à la presse ou de la distribution des journaux.
Son arrivée au CSA français intervient avec l'arrivée de deux nouveaux membres, dont l'un est l'ancienne directrice de l'information de l'AFP, Michèle Léridon, car à la faveur d'une nouvelle loi sur l'audiovisuel, qui est attendue en fin d'année, le CSA pourrait voir s'élargir aux plates-formes Internet et aux réseaux sociaux, ses pouvoirs de régulation. Le gouvernement souhaite, en particulier, tout faire pour empêcher la circulation d'«intox» sur Internet et mieux faire contribuer les géants du Net à la diffusion et au financement des oeuvres françaises.
On doit au président sortant du CSA la prise en compte de la dimension économique de la régulation avec la volonté d'arriver à une corégulation et, pourquoi pas demain, à une suprarégulation avec les acteurs audiovisuels. Autrement dit, le CSA se contenterait de superviser des procédures qui s'appliqueraient d'elles-mêmes. C'est habile, car cela permet d'opposer aux pressions du pouvoir le jeu-même des acteurs, mais ce peut-être aussi dangereux si le régulateur se transforme en observateur des lois du marché. Tout dépendra maintenant du nouveau CSA. Cette nomination intervient également dans un contexte audiovisuel très compliqué, dominé par la concurrence des opérateurs de vidéo à la demande: Netflix et Amazon.

Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha