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Jumelage entre la Haica tunisienne, le CSA belge et l'INA français

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Au moment où l'Arav hiberne, nos voisins tunisiens se développent en établissant des accords de coopération avec d'autres structures similaires en Europe. Ainsi la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle tunisienne (Haica) a établi un accord de jumelage avec le Conseil supérieur de l'audiovisuel belge et l'Institut national pour l'audiovisuel français, qui s'étend sur 21 mois. Ce projet répond au besoin exprimé par la Haica de renforcer ses structures et de développer ses activités.Créée en mai 2013 par un décret-loi datant de 2011, la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle est chargée de l'organisation et de la régulation de l'audiovisuel tunisien. Acteur indispensable pour la liberté d'expression, elle garantit l'indépendance des médias, malgré un contexte socio-économique difficile. Selon son président, Nouri Lajmi, «elle est considérée comme l'un des acquis les plus importants de la révolution tunisienne et un pilier indispensable du processus démocratique en cours».La Haica et le CSA belge collaborent ensemble depuis plusieurs années. Dans le cadre du jumelage, le CSA est chargé d'accompagner son homologue tunisien sur quatre volets: prospective, monitoring, création d'un service études et recherches, et communication. L'INA, quant à lui, prend part au projet en apportant son expertise pour soutenir la création d'un système d'archivage pérenne de l'audiovisuel tunisien.Le jumelage est financé à hauteur de 800.000 euros par l'Union européenne. Il s'inscrit dans une politique de coopération institutionnelle entre les pays membres de l'Union européenne et les pays voisins. C'est la première fois qu'une instance indépendante constitutionnelle tunisienne s'engage, dans un programme de jumelage avec une institution européenne.Cette collaboration représente 300 jours d'expertise et d'échanges répartis entre les trois acteurs du projet. La Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle tunisienne (Haica) s'est illustrée ces dernières années par des actions audacieuses pour dénoncer certaines dérives audiovisuelles. La plus courageuse a été lancée cette semaine par une mise en garde à Attessia TV, pour un sketch jugé homophobe que la chaîne privée a diffusé, le 27 novembre dernier.L'association Shams, défendant les droits des Lgbtq, a indiqué avoir reçu, mercredi 13 février 2019, un courrier de la Haica, qui a répondu favorablement à sa plainte déposée le 28 novembre dernier pour homophobie, estimant qu'un dépassement a été commis.Selon le courrier de la Haica, la mise en garde a été transmise, le 4 février courant, à l'émission «Adhak ma3ana» (Ris avec nous) ainsi qu'à la direction de la chaîne.Rappelons que le sketch diffusé en prime time, lors de cette émission animée par Naoufel Ouertani, avait été critiqué, notamment par les défenseurs de la communauté Lgbtq. Les humoristes se moquaient des homosexuels et laissaient entendre que ces derniers «ne sont pas des hommes, ne peuvent pas servir leur pays car ils ne sont ni patriotes ni même de bons citoyens». C'est la première fois qu'une autorité de régulation arabe défend la communauté gay.

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