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La télévision est-elle la maison de verre du pouvoir politique? (1ère partie)

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«Quand on habite une maison en verre on ne jette pas de pierre.» Confucius

Les médias sont parfois les paramètres du pouvoir. La télévision l'est encore plus, car elle transmet la vérité 24 fois par seconde. Quand un coup d'Etat est lancé, la première bâtisse à sécuriser, c'est bien la télévision publique. Ce n'est pas le Parlement, ni le Sénat et à un degré moindre la Présidence ou le Conseil constitutionnel. C'est comme ça que la majorité des Etats totalitaires ont gardé ou perdu leur pouvoir. Le premier bâtiment que les manifestants ont investi durant la révolution roumaine, c'est bien la télévision d'Etat. Quelques minutes après, le dictateur Ceausescu et sa femme, ont été arrêtés jugés et exécutés. Quand l'armée a fait un coup d'Etat à Chavez en 2002, une partie de l'opposition avait investi le centre de diffusion audiovisuel et coupé le signal de la télévision publique au moment où le président Chavez faisait un discours à la nation. Cette scène apparaît dans un documentaire excellent réalisé par deux Irlandaises Kim Bartley et Donnacha O'Briain qu'elles ont intitulé: «La révolution ne sera pas télévisée.» Le doc a été tourné, alors que les deux réalisatrices préparaient un documentaire sur le président Hugo Chávez au Venezuela. Elles se trouvaient à l'intérieur du Palais présidentiel quand fut déclenché, le 11 avril 2002, le coup d'État conduit par les propriétaires des chaînes privées, les cadres de la compagnie pétrolière du Venezuela, ainsi qu'une poignée de dirigeants militaires avec le soutien, entre autres, des États-Unis, de l'Espagne, de la Colombie et du Salvador. Le film présente la chronologie du putsch et la mobilisation des millions de Vénézuéliens, qui entraîna le retour au pouvoir de Hugo Chávez 48 h après le début du coup d'Etat, grâce à la garde présidentielle. C'était la seule fois qu'une télévision filma la chute d'un chef d'Etat en fonction et à l'intérieur du Palais présidentiel. Mais au-delà des révolutions violentes, il y a des révolutions de velours. Comme c'était le cas en Tunisie en 2011 durant la révolution arabe. La télévision publique tunisienne n'a pas été touchée ni approchée. Il faut dire à l'époque que la chaîne qatarie Al Jazeera avait décroché tout le monde puisqu'elle a réussi à capter l'intention des Tunisiens et de toute la Ligue arabe. Du coup, le départ de Ben Ali a été annoncé sur la chaîne qatarie au moment où la télévision publique tunisienne et les deux télévisions privées Hannibal TV et Nessma TV étaient hors champ. Après la chute de Ben ali, Nessma TV a voulu récupérer la contestation populaire en ouvrant son plateau pour l'opposition à Ben Ali. Hannibal TV n'a pas suivi tout de suite. En Turquie, lors du coup d'Etat contre Erdogan, les militaires avaient réussi à investir la télévision et à faire lire à la présentatrice une lettre pour la destitution du président, mais le président turc a réussi par un tour de passe-passe à contre-attaquer en envoyant un message vidéo via son portable. C'était la signature de la fin du monopole de la télévision d'Etat et l'apparition de la télévision du peuple: les réseaux sociaux. (A suivre).

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