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La télévision est-elle la maison de verre du pouvoir politique? (2e partie)

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«La télévision privée se préoccupe d'abord du marché économique. La télévision publique se préoccupe quant à elle avant tout de la vie démocratique.» Marc Tessier: Les dossiers de l'audiovisuel

Le paysage audiovisuel algérien se transforme et navigue à vue, alors que l'Arav est complètement lessivée. Deux membres ont quitté l'Autorité de régulation pour différentes raisons: l'un est décédé et l'autre a été nommé DG de l'Eptv, ce qui réduit l'autorité de régulation à sept membres dont aucun n'est spécialiste de l'audiovisuel. Au moment où un repositionnement politique a été opéré par les chaînes agréées, notamment au niveau d'Echourouk TV, Ennahar TV et El Djazaïria One. Au moment où, les télévisions privées dont certaines n'ont pas d'agrément reçu comme El Bilad TV et Beur TV ou encore Adjwa TV. Cette dernière a vu son directeur exécutif, Samir Boudjadja démissionner et rejoindre la chaîne de ses débuts, Echrourouk, malgré son différend profond avec son ancien directeur, Ali Fodil. Ce dernier avait fait allégeance au candidat Bouteflika dès les premiers jours de la campagne pour le 5e mandat. Quand Ali Fodil s'est rendu à la direction de campagne du candidat Bouteflika, qui était à l'époque dirigée par Abdelmalek Sellal, le patron d'Echourouk avait, selon certaines sources, fait un deal pour soutenir le 5e mandat, contre un retour de la publicité étatique. Après la première marche du 22 février, aucune chaîne de télévision privée ou publique n'avait fait écho des marches populaires à travers tout le pays et principalement à Alger. Cette autocensure de certaines chaînes a été décryptée comme un manque de professionnalisme et surtout un manque de courage des responsables de chaînes privées. Il faut dire que la majorité des chaînes n'avait pas obtenu le renouvellement de l'autorisation de leur chaîne qui a expiré le 31 décembre 2018. Les chaînes, privées étaient alors bloquées sur le plan administratif et ne pouvaient pas risquer leur avenir pour une élection qui était, semble-t-il, jouée d'avance. C'était sans compter sur la détermination du peuple et son courage qui ont libéré les chaînes et notamment Echourouk TV et El Bilad TV qui ont dés la troisième manifestation rejoint le «Hirak». Entre-temps la chaîne Ennahar TV fait son mea culpa et rejoint la contestation. Elle tire sur les partis de l'alliance et critique la manière désastreuse par laquelle le Premier ministre, Bedoui Nouredine, a tenu sa conférence de presse. Curieusement, c'est la chaîne de Ali Haddad, Dzaïr News, qui a couvert toutes les marches depuis le début. C'est aussi elle qui avait assuré des directs des différentes régions à Alger, Tizi Ouzou et Béjaïa. Dans un article sur le Monde, le journaliste, qui fait dans la globalité ne s'est pas intéressé au contenu des chaînes ou leur ligne éditoriale et s'est seulement intéressé à leurs propriétaires, tous issus de la nouvelle oligarchie.

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