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Duplicata!

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Coup de tonnerre dans le landerneau politique français, secoué par les résultats de deux sondages qui donnent le président Nicolas Sarkozy éliminé au premier tour de la présidentielle de 2012, conséquence directe de la montée en puissance de l´extrême droite en France. Mais cela est-il en vérité étonnant, lorsque l´on s´amuse à chasser sur un terrain étranger à ses «principes», à empiéter sur un domaine qui n´est pas le sien? Or, de telles mésaventures sont prévisibles dès lors que l´apprenti sorcier se fait prendre à ses propres sortilèges. M. Sarkozy a voulu faire de l´extrémisme, sans les extrémistes, caressant dans le sens du poil tous les adeptes de l´exclusion, reprenant à son compte leurs chevaux de bataille (immigration, identité, Islam et tutti quanti...). A ce jeu, il est évident qu´il est plus profitable de faire appel à l´original plutôt que de s´aventurer avec son duplicata. Un clone plus intéressé à perpétuer son pouvoir en exploitant des thèmes porteurs, ou qui font peur à la société, s´assurant - à peu de frais? - la fidélité des électeurs. Les sondages rapportés par Le Parisien, qui donnent l´avantage à Marine Le Pen - présidente du Front national - face au président Sarkozy et au représentant du Parti socialiste, montrent que les électeurs français font plus confiance à une femme politique qui défend des convictions - fussent-elles à la lisière du fascisme - qu´à un homme plus préoccupé par le pouvoir et la manière de la conserver fût-il au prix de la compromission avec le fascisme. Ce qui est encore plus grave est le fait que Nicolas Sarkozy, lui-même issu de l´immigration (hongroise), focalise sur cette immigration qu´il est prêt à «karcheriser» à «dénationaliser» ou à priver de son identité française. Le président français n´a pas su, sans doute pas voulu pour des raisons bassement politiciennes, garder la nécessaire distance entre sa fonction présidentielle, qui fait de lui un rassembleur, et le politicien, ce bonimenteur prêt à promettre tout et son contraire. M.Sarkozy qui accuse, singulièrement, l´immigration de tous les maux de la France, oublie que cette immigration, sans laquelle la France ne serait pas ce qu´elle est, a donné à ce pays, un président (lui-même). Il est patent qu´en politique, seule la conviction des idées est payante et force le respect même de ceux qui ne sont pas en osmose avec leurs doctrines. C´est justement cette même conviction qui fait défaut aux despotes arabes qui vivent leurs moments de vérité face à la révolte de leurs peuples. Dommage qu´il n´y ait pas dans nos contrées, des baromètres tels les sondages politiques pour mesurer la vraie valeur de ces «hommes providentiels» qui ont fait main basse sur leurs pays. Face à la montée de l´islamisme dans les pays arabes, tous ces despotes se sont essayés à l´islamisme, sans ses théoriciens, se drapant dans la religiosité comme on s´enveloppe dans un manteau. Cela a été notamment le cas en Algérie qui a vécu une tragédie nationale induite par l´insurrection de l´ex-FIS, les dirigeants du pays ayant repris, peu ou prou, à leur compte quelques-uns des aspects les plus abscons de l´islamisme. Or, la politique, quelle que soit l´orientation qu´on lui donne, se fonde d´abord sur des convictions, un projet de société qui emportent l´adhésion de la majorité. Tel n´est pas le cas dans le Monde arabe où les dirigeants n´estiment pas politique de consulter leurs peuples, peu mûrs, selon eux, pour juger des choses politiques. C´est bien Hosni Moubarak qui, face au projet de Grand Moyen-Orient de George W. Bush, rétorquait qu´il «sait» ce que veut «son» peuple. Le résultat est tout vu! Le mimétisme ne mène pas loin en fait. Ce qui est valable pour Sarkozy, qui risque de rater le train de 2012, l´est également pour les dirigeants arabes qui doivent prendre un peu plus en considération leurs peuples et ne plus les regarder comme des canards sauvages. Car le retour de bâton sera douloureux!

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