La curée
Après son Agence de l'énergie atomique (Aiea), c'est l'ONU elle-même, par la voix de son secrétaire général, Ban Ki-moon, qui entre dans l'arène et dit «l'inquiétude» de la «communauté internationale» en rapport avec le nucléaire iranien. Fermez le ban! Or, quand il a fallu se compter, chacun a retrouvé ses sensations véritables. Aujourd'hui, la fracture entre les puissants et les pays en développement n'aura jamais été aussi probable. Le nucléaire iranien a eu ce mérite de mettre à nu la logique qui gouverne le monde dominé par les oukases des puissants. On le voit avec le déni de droit opposé aux Palestiniens. On le constate également par la pression ahurissante - qui dure depuis une décennie, confinant au harcèlement - faite sur l'Iran à propos de son programme nucléaire. Un quarteron de pays, qui se trouvent être tous dotés de l'arme atomique et d'armes de destruction massive (ADM) de dernière génération (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne... Israël) ou disposant de la technologie pour ce faire (Allemagne), sont les plus engagés à faire rendre gorge à Téhéran. C'est en particulier Washington et Israël qui semblent les plus acharnés à interdire à l'Iran d'accéder à un certain niveau de maîtrise et de connaissance pointues de l'atome. Il est patent que le programme global iranien, en permettant d'atteindre un certain degré de maîtrise technique et technologique, chevauchera, sans doute, des vecteurs de recherche touchant au domaine militaire. Cela ne veut pas dire que l'Iran cherche délibérément à obtenir l'arme atomique, d'autant que l'Iran se défend de vouloir acquérir une telle arme. Et l'on arrive à ce paradoxe: ce qui est bon pour certains pays, exonérés de tout contrôle international, ne l'est plus pour d'autres qui doivent se soumettre aux vérifications de ceux-là mêmes qui s'arment à outrance sans autre conséquence (cas d'Israël). Est-ce que l'on accuse l'Allemagne, le Japon ou la Corée du Sud de travailler à acquérir l'arme atomique alors que leur technologie le leur permet largement? Non, bien sûr que non! Une telle idée serait même, à tout le moins, absurde nous dira-t-on. L'Iran dit, affirme et répète que son programme nucléaire reste un programme civil et n'a pas d'autre objectif que celui de le développer à des fins civiles. Or ce n'est pas suffisant, même si l'Aiea n'a rien pu découvrir de patent qui puisse corroborer les soupçons des accusateurs de l'Iran. Or, l'Aiea s'appuyant sur des informations, selon elle «crédibles», (on l'a bien noté pour les ADM irakiennes) des services de renseignements occidentaux (donc partie prenante) que ses propres services n'ont pas - ou pu - recoupé par des sources indépendantes, prend cependant pour fait assuré, ces allégations, disant dans un rapport publié la semaine dernière, «soupçonner fortement» l'Iran d'avoir travaillé à la mise au point de l'arme atomique. Saisissant la perche au vol, grandiloquent, voire théâtral, le président américain, Barack Obama, a pu ainsi affirmer: «A présent, le monde est uni et l'Iran est isolé.» Bah! De quel monde parle M.Obama? Le Premier ministre israélien, qui a menacé d'attaquer l'Iran, stigmatisant le bossu, ne voyant pas sa propre gibbosité, fanfaronne. «Ce rapport signifie que la communauté internationale doit parvenir à arrêter la course de l'Iran vers les armes nucléaires, qui met en danger la paix du monde et du Moyen-Orient.» Israël interdit à l'Aiea, comme à l'ONU - à l'ami ou à l'ennemi - de jeter des regards curieux sur sa propre cuisine nucléaire. Le pyromane qui crie au feu! Mais voilà, qu'à son tour, le secrétaire général de l'ONU enfourche les trompettes de Jéricho pour se dire «profondément inquiet à propos des questions non résolues concernant le programme nucléaire iranien (...)». Il y a ici comme un défaut et quand c'est trop, c'est trop avec cet acharnement à sens unique. Aujourd'hui, c'est l'Iran. Demain, ce peut être l'Algérie à laquelle on interdirait la maîtrise des techniques de l'atome. Inacceptable!

- LE PRÉSIDENT FRANÇAIS EN VISITE SURPRISE EN AFGHANISTAN
Hollande, pour un retrait «ordonné et coordonné» - GUERRE DE TRANCHÉES AU SEIN DU FLN POUR LA PRÉSIDENCE DE L'APN
Deux hommes pour un fauteuil - PROJET DE RETRAIT DE LA POLICE DES STADES
Que vise le général Hamel? - LES DEUX PRÉSIDENTS VONT SE RENCONTRER BIENTÔT
Bouteflika et Hollande prônent un partenariat d'exception - AGRESSION CONTRE LE PRÉSIDENT MALIEN
Trois responsables pro-putsch entendus







Réagir à cet article