Duplicité!
Etat-clé, l'Indonésie a ratifié le traité d'interdiction complète des essais nucléaires (CTBT), en suspens depuis quinze ans, portant à 36 le nombre d'Etats l'ayant approuvé. Huit pays manquent à l'appel pour permettre au CTBT d'entrer en vigueur. En effet, c'est la ratification des pays dits du «seuil», ils sont 44, qui compte. Le traité qui interdit les explosions nucléaires à des fins civiles ou militaires, a jusqu'ici été signé par 182 pays, et ratifié par 156 Etats. Aussi, la focalisation actuelle sur le nucléaire iranien, permet de faire passer au second plan la vraie prolifération qui est ailleurs et est le fait des détenteurs du savoir-faire nucléaire. La fiction veut faire croire qu'il n'en existerait dans le monde que cinq pays (USA, Russie, Chine, Grande-Bretagne et France, membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU), détenteurs de l'arme atomique. Quelle erreur! Le nucléaire demeure la menace des menaces sur la sécurité du monde. Mais de là à se concentrer sur le seul Iran tout en ignorant le vrai danger que constitue Israël (unique pays à n'adhérer ni au TNP - Traité de non-prolifération nucléaire -, ni au CTBT) ne milite ni ne favorise un traitement équitable de la question nucléaire. Quelle hypocrisie aussi lorsque l'on feint de «batailler» pour un monde débarrassé du danger de l'atome lorsque le «gendarme» du nucléaire (Agence internationale de l'Energie atomique, Aiea) ne dirige ses regards que vers les cibles qui lui sont désignées, méconnaissant celle plus nuisible, n'obéissant à aucune loi à laquelle doivent se conformer les autres nations dans le monde. Israël, sixième puissance nucléaire, échappe ainsi miraculeusement aux investigations et aux inspections du dit «gendarme» de la sûreté atomique et n'est concerné ni par les avertissements et autres sanctions de l'Aiea ou de ladite «communauté internationale». Le cas de l'Iran, ainsi diabolisé, est éloquent en ce sens. Or, outre les cinq «Grands» officiellement détenteurs de l'arme atomique, il faut compter l'Inde et le Pakistan qui ont, l'un et l'autre, franchi le pas en 1998 en procédant à des essais nucléaires, et Israël...qui détient entre 280 et 350 têtes nucléaires. Mais pas que ça. Cinq autres pays, les plus virulents à l'encontre du danger que présenterait le nucléaire iranien, disposent ou sont en mesure de fabriquer à tout moment l'arme nucléaire et qui sont l'Allemagne, la Belgique, l'Italie, les Pays-Bas et la Turquie. Pourtant, ces huit pays détenteurs du savoir-faire nucléaire, ne sont pas admis au fameux «club nucléaire» composé des «5 maestros» de l'atome. Et ce sont ces «5» qui ont décrété que l'Inde et le Pakistan - nonobstant leurs tests nucléaires (réussis) - ne sont pas des puissances nucléaires. A fortiori Israël qui ne figure nulle part dans la nomenclature des pays atomiques. Or, (on soupçonne fort Israël d'avoir procédé avec l'Afrique du Sud raciste à un essai dans l'océan Indien en 1974) l'existence du potentiel atomique israélien est un fait admis. Outre donc, les 13 pays cités détenant l'arme nucléaire, ou ayant le know-how pour ce faire, il y a encore une trentaine de pays dits du «seuil» soupçonnés de pouvoir «déployer des armes nucléaires opérationnelles... sans avoir pratiqué d'essais au vu et au su du monde entier» à l'image de l'Iran. Alors pourquoi l'Iran, quand de nombreux pays ayant le know-how indispensable pour accéder à l'arme atomique ne sont pas inquiétés? Faut-il encore relever l'escroquerie consistant à distinguer les savoir-faire «civil» et «militaire» quand toute connaissance en la matière qualifie son possesseur pour passer du civil au militaire, tant la frontière entre les deux notions du savoir atomique est mince. Ce qui équivaut à interdire la connaissance atomique à des pays ciblés. Comment justifier par ailleurs, qu'Israël puisse continuer à bénéficier de l'omerta sur son nucléaire, que les «5 Grands» continuent à avoir le monopole légal de l'armement atomique à l'exclusion de tout autre pays? Voilà le vrai problème et la vraie question à poser.

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