Alger Min 17 °CMax 27 °C
33
Oran Min 17 °CMax 27 °C
33
Constantine Min 12 °CMax 27 °C
29
Adrar Min 23 °CMax 41 °C
30
Illizi Min 23 °CMax 37 °C
31
Djezzy
Accueil |L'Editorial |

Surfacturation des médicaments: un vol!

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

S'il fallait une preuve, elle est là! On se fait voler sans vergogne! C'est le Cnis (Centre national de l'informatique et des statistiques) relevant des Douanes qui, dans un communiqué publié jeudi dernier, vient d'en donner les détails. «Les importations algériennes de médicaments ont connu une hausse de 16,55% en 2011, passant de 1,610 milliard de dollars en 2010 à 1,87 milliard de dollars l'année dernière... En volume, les quantités de médicaments importées par l'Algérie n'ont augmenté que de 2,2%, passant de 23 835 tonnes en 2010 à 24 362 tonnes en 2011», précise le communiqué. C'est clair, net et sans bavures. Quand des volumes n'augmentent que de 2,2% alors que leur valeur «s'envole» à 16,55%, il ne faut pas être super économiste pour comprendre qu'il y a fraude. Il n'y a pas lieu de s'abriter derrière un quelconque prétexte de hausse sur le marché mondial. Les médicaments ne sont ni des céréales, ni du sucre. Il y a autant de prix que de médicaments. Plus grave encore, ces surfacturations ne datent pas d'hier. En 2002 déjà, la revue électronique «Santémaghreb.com» dirigée en Algérie par le Pr Larbi Abid, rapportait que «certains importateurs véreux, estiment quelques observateurs, s'adonnent à une surfacturation des médicaments qui se situe entre 30 et 40%». Il aura fallu donc attendre 8 longues années l'arrivée du Dr Djamel Ould Abbès à la tête du ministère de la Santé, pour que le problème soit pris en charge. Comment expliquer ce long silence? Il faut commencer par remettre les choses à leur place. Le contrôle de la surfacturation relève normalement du ministère du Commerce et des Douanes. Le rôle du ministère de la Santé s'arrête aux besoins et à la conformité des médicaments introduits sur le marché algérien. Idem pour sa distribution qui relève des services du commerce. C'est pourquoi, très certainement, les ministres de la Santé qui ont précédé Ould Abbès n'ont pas voulu se «mouiller» et s'attirer, à la place des autres institutions, les foudres des fraudeurs, laboratoires étrangers et importateurs, qui se sont constitués depuis en véritables lobbys. Quant aux ministres des Finances et du Commerce, ils continuent à laisser la «patate chaude» au ministre de la Santé qui a osé ouvrir ce dossier que tout le monde évite. Cela nous rappelle l'époque des épidémies de choléra où l'on ne cessait d'interpeller le ministre de la Santé d'alors, Yahia Guidoum. Excédé par les attaques qu'il subissait, il a fini par sortir de ses gongs pour rappeler qu'il était chargé de soigner et non d'aller vérifier les égouts qui chevauchent les canalisations d'eau potable, en référence à l'origine du mal. A l'évidence, il n'en pouvait plus d'endosser des responsabilités qui ne le concernaient pas. Nous sommes dans la même situation. Tout le monde sait que des surfacturations sont opérées depuis fort longtemps. Tout le monde sait de quels secteurs relève le contrôle. Des milliards et des milliards de dollars ont ainsi pu être transférés illégalement de notre pays depuis des années. Des milliards qui appartiennent à tous les Algériens. Aux plus forts moments des attaques dirigées contre le ministre de la Santé, aucun des importateurs n'est venu apporter un quelconque démenti. Et ceux qui n'ont pas fraudé, il y en a heureusement, n'ont pas jugé «rentable» de s'attaquer aux véreux parmi eux. Silence radio également des laboratoires étrangers qui établissent les factures surévaluées. Le début de preuve était dans cette omerta. Le Cnis n'est venu, dans son communiqué de jeudi, que confirmer la magouille.
Est-ce suffisant? Non! Il faut que les ministères concernés, Finances, Commerce et Justice, agissent maintenant avec force et détermination pour que cesse, au plus vite, ce vol!.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (1)

badom - togo 03/02/2012 13:20:03
il faut que les pays africains fassent une bonne gouvernance afin d'irradiquer ce mauvais fléau qui mine toute l'afrique et non seulement l'algérie. merci
0
total :1| Affiché :1 - 1

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha
  • Envoyer par email à un ami Envoyer par email à un ami
  • Version imprimable Version imprimable