L'abstention n'est pas une fatalité!
Plus les jours passent, plus les législatives se rapprochent. Les partis politiques multiplient les sorties et les discours. De quoi parlent-ils? Difficile de saisir des messages dans le flot des paroles déversées. En gros, il y a ceux qui disent des généralités, ceux qui se tirent dessus et ceux qui se disent des choses. Tous sont menacés par l'abstention mais ils ne donnent pas l'air de s'en inquiéter. A tel point que le gouvernement a décidé d'agir sans les attendre. Il envoie des SMS aux citoyens les appelant à la participation. L'idée est valable. Son efficacité l'est moins. Disons que l'intention vaut l'action. Mais à part les textos, y a-t-il un ou des moyens pour éviter une forte abstention? A écouter les discours des partis, les priorités sont ailleurs. Pour l'abstention, on verra plus tard. C'est qu'ils savent l'abîme de confiance si profond entre électeurs et élus qu'ils sont persuadés que rien ni personne ne pourra le combler. Alors, ils versent dans le fatalisme et laissent l'Etat chercher la ou les solutions. Pour l'instant, il en a trouvé une: les SMS. Si l'on se penche sur les causes de la défection des électeurs on mesure toute la fragilité de ce moyen. Les représentations, nationale et locale, sont dans la situation de Djeha que personne n'est venu aider à éteindre l'incendie de sa maison tout simplement parce qu'on n'a pas cru son dernier et vrai appel au secours. Quand on fait des promesses sans les honorer une fois, deux fois, trois fois et plus, il ne faut plus s'étonner que personne ne «morde à l'hameçon». Quand, en plus, on se fait arrogant, voire méprisant une fois avoir «empoché» le mandat, il n'y a que les masochistes qui peuvent encore donner leurs voix. Alors, que faire? Parce qu'il faut bien essayer de faire quelque chose. L'acte de voter est un droit mais c'est aussi un devoir. Un devoir qui n'entrave nullement les libertés individuelles. Si aucun candidat ne nous agrée il suffit de glisser l'enveloppe vide dans l'urne. L'acte citoyen est rempli. Ceci est malheureusement une autre culture et un autre débat. L'électeur algérien n'a pas cette perception. Il ne conçoit son déplacement vers le bureau de vote que s'il doit donner sa voix à tel ou tel autre parti. En plus clair, il y a lieu de distinguer les militants d'un côté et les Algériens non partisans de l'autre. C'est dans cette deuxième catégorie que réside l'abstention tant redoutée. Quand un parti rassemble ses militants dans une salle, les abstentionnistes sont ailleurs. La pente à remonter pour retrouver une certaine crédibilité est ardue. Il faut une démarche forte et des mesures exceptionnelles pour espérer y arriver. Celles qui paraissent incontournables sont la participation massive de nouveaux candidats et l'entrée non moins massive de candidates que la loi impose d'ailleurs aujourd'hui. Tout aussi incontournables sont les conditions de compétences et de formation supérieure des candidats. Est-ce suffisant? Pas vraiment! Et là nous vient à l'esprit une garantie supplémentaire déjà appliquée dans certains cas mais jamais pour les députés et autres membres des APC. Pourquoi ces fonctions électives ne sont-elles pas soumises à la prestation de serment? Pourquoi ce qui est valable pour le Chef de l'Etat ne le serait-il pas pour les autres élus? Mieux que ça et dans le contexte actuel de lutte contre l'abstention, il serait «productif» aux candidats de se présenter aux électeurs en commençant par la prestation de serment. Un candidat qui commencerait son discours dans un meeting ou à la télévision par prêter serment, réussira un bien meilleur effet que mille promesses. D'autres solutions existent sûrement. C'est le fatalisme qui bloque la recherche. Et les jours passent...

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