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S'achemine-t-on vers un remake du scénario des années 1990 lorsque l'Algérie a vu éclore une kyrielle de partis politiques? Avec dix-sept partis politiques qui ont été jusque-là autorisés par le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales à tenir leur congrès constitutif, on n'en est pas loin. La question qui se pose est de savoir si cette fièvre démocratique porte en elle une diversité d'opinions ou signifie-t-elle un manque de consensus sur les fondamentaux de la nation. Une multitude de partis conduirait à éparpiller l'électorat laissant la voie ouverte aux partis disposant déjà de la majorité de conserver le pouvoir. Les islamistes ont flairé le piège et appellent à des alliances pour ne pas affronter les élections en solo. Ces autorisations ont été accordées par le ministère après la promulgation de la loi du 12 janvier 2012 relative aux partis politiques. Ce printemps des partis n'était pas du tout prévu et tout le monde s'attendait à ce que cette avalanche n'intervienne qu'après les législatives. Mais devant la pression, ils seront autorisés à se jeter dans la bataille des élections. Mais s'il fallait s'attendre à de nouveaux visages, l'électeur aura vite déchanté. Certains responsables de ces formations ont été auparavant fondateurs de partis. C'est le cas de Abdallah Djaballah, ex-président des partis En Nahdha et El Islah, avant de lancer le Front de la justice et du développement. Amara Benyounès était aussi un ancien membre de la direction du RCD et a créé l'Union pour la démocratie et la République depuis des années. Sofiane Djilali a exercé la fonction de secrétaire général du PRA et il a opté pour le nouveau Jil Jadid. Tahar Benbaïbèche (El Fedjr El Djadid), était, lui aussi, cadre au RND tout comme Noureddine Bahbouh, responsable de l'Union des forces démocratiques sociales. Abdelmadjid Menasra, du Front du changement, était parmi les dirigeants du MSP. Mohamed Saïd, responsable du Parti de la liberté et la justice, est aussi connu de l'opinion pour avoir été candidat à la présidentielle de 2009. Abdelaziz Belaïd d'El Moustakbal, était au FLN et à l'Unja. Et rien n'indique qu'on s'arrêtera en si bon chemin. Ould Kablia assure que l'examen d'autres nouveaux dossiers de création de partis politiques est engagé au fur et à mesure de leur finalisation par les membres fondateurs. Le ministre de l'Intérieur a affirmé récemment que si les dossiers d'agrément de partis correspondaient aux dispositions de la loi, ils seront acceptés sans problème. Le congrès constitutif n'est cependant qu'une étape avant l'obtention de l'agrément. La délivrance des arrêtés portant agrément des partis politiques reste subordonnée à l'étude de conformité du dossier du congrès constitutif. Avant même que le processus ne soit achevé, certains y ont vu des prémices de vulnérabilité du camp démocratique. Pour deux raisons: l'apparition attendue de nouveaux partis islamistes et le risque de noyer les courants d'opinion dans la multitude des formations politiques.

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