Un vote censitaire?
Le ministre des Finances, Karim Djoudi, vient de rappeler à partir de Paris, que l'Algérie ne vit pas seulement au rythme du froid et de la précampagne électorale. En effet, selon le ministre, d'autres préoccupations investissent le champ d'activité générale du pays. Ainsi, les revenus du pays sont suspendus au cours du baril de pétrole sur le marché international. Pour l'instant, c'est plutôt une bonne nouvelle puisque les équilibres macroéconomiques sont maintenus. Mais pour combien de temps encore? Et surtout, quelle place les partis en lice pour les prochaines élections vont-ils accorder à l'économie? Les prévisions optimistes font état du fait que les réserves de change de l'Algérie, moins de 200 milliards de dollars, suffisent pour couvrir trois années d'importation. Les deux rencontres tripartites qui ont eu lieu après le discours du 15 avril dernier prononcé par le président de la République, avaient, entre autres, pour objectif, de rechercher les moyens de booster la production locale. L'une des thérapies proposées est celle de s'intéresser davantage à la petite et moyenne entreprise.
Mais force est de constater que les inerties sont toujours aussi tenaces. Ces derniers jours, les patrons ont dénoncé la gestion monopolistique imposée par Naftal au secteur de la distribution du gaz butane. On impute à ce régime de gestion les pénuries qui ont fait reculer le niveau de confort des citoyens privés des moyens de chauffage. La crise de la disponibilité des carburants qui a frappé depuis quelques semaines l'ouest du pays est une autre carence dans la gestion des affaires publiques. Outre les problèmes économiques, viennent se greffer d'autres dysfonctionnements qui mettent à mal la crédibilité de l'Etat. Valeur morale ardemment recherchée en ces temps qui précèdent un rendez-vous électoral important. Apparemment, rien de pertinent n'est fait dans ce sens. Les partis continuent de dénoncer la mainmise du pouvoir de l'argent sur la décision publique. Et ce n'est jamais bon pour une classe politique qui veut redorer son blason.
A travers cette intrusion de l'argent dans la politique, on perçoit très bien les données d'un problème qui n'est pas nouveau mais qui se manifeste avec une plus forte intensité à chaque nouvelle étape dans l'histoire politique du pays.
Mais pourquoi est-ce vraiment un problème? Il est expliqué que dans l'idéal, le propre d'un homme ou d'une femme politique est de protéger les intérêts de la nation entière et non ceux d'une caste ou d'une classe. Auquel cas, on ferait mieux d'établir dès à présent un vote censitaire. Si des intérêts financiers arrivent à accaparer les leviers de décision, ce sera le principe d'un homme, une voix qui sera altéré. Cela ne fera que discréditer davantage les institutions élues et par là tout l'édifice politique. D'où le constat que la confiance ne s'achète pas avec des billets de banque.
Pour se faire entendre, les malheureux n'auront jamais assez d'argent pour payer leurs porte-voix. Les riches auront toujours de quoi financer leur campagne électorale. Quelquefois, même de quoi payer des voix.

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