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Tragique!

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Que se passe-t-il, réellement, en Syrie? Les informations parvenant de Damas sont contradictoires et souvent non recoupées ni confirmées, selon les normes en usage, par des «sources indépendantes». En répercutant les déclarations d'une seule des parties en cause (l'opposition), occultant ou mettant en doute celles émanant du pouvoir de Damas, des médias, arabes et occidentaux, prennent partie, abandonnant le professionnalisme qui sied à des organes de presse. En effet, en devenant partie de la crise syrienne, ces médias ont mis entre parenthèses leur devoir d'informer, et d'informer le plus correctement possible. Or, c'est à un vrai battage médiatique que nous assistons. On veut bien que Bachar Al Assad soit un tyran peu recommandable, réprimant sans état d'âme son propre peuple, allant jusqu'à «bombarder» des villes. Cela est sans doute possible. Mais, à trop forcer sur le trait, on finit par caricaturer une situation qui reste grave et dramatique. Aussi, ce qu'il y a de patent dans l'imbroglio syrien, c'est bien la désinformation tous azimuts pour ce qui touche à la crise en Syrie dont on est loin de connaître le fil conducteur, de même que les tenants et aboutissants. Le nombre des victimes du régime est livré à partir de Londres, Nicosie et autres Paris. Même l'ONU balance des chiffres que rien ne vient conforter. Cela juste pour enfoncer un régime dont l'Occident a décidé le départ. La Syrie est-elle subitement devenue un mouroir à huis clos? Comment peut-on accorder du crédit pour ce qui est dit sur la Syrie, quand ceux-là qui crient à l'assassin à l'endroit d'Al Assad, ne pipent mot des crimes de guerre commis au quotidien par Israël contre le peuple palestinien? Or, les assassinats ciblés, spécialité israélienne - l'assassinat à Dubaï du responsable du Hamas palestinien, Mahmoud Al Mabhouh, en mai 2010, a été décidé par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, comme le savent parfaitement tous les services secrets occidentaux - entrent en droite ligne dans la catégorie des crimes de guerre tel que stipulé par la Charte de l'ONU. Comme entre dans la catégorie des crimes contre l'humanité le blocus inhumain qu'Israël impose à la bande de Ghaza depuis cinq ans. Où sont donc les bonnes âmes qui «s'inquiètent» du sort des Syriens? Les Nations unies ont affirmé de leur côté que les forces syriennes avaient «vraisemblablement» commis des crimes contre l'humanité depuis onze mois. Comment se fait-il que l'ONU n'a jamais été émue par les crimes contre l'humanité qu'Israël a, tout aussi «probablement», commis depuis quarante ans dans les territoires palestiniens occupés? Aussi, ceux qui pleurent sur le sort du peuple syrien, le font-ils par souci d'humanité? - pourquoi alors sont-ils muets sur ce qui arrive depuis 64 ans aux Palestiniens? - ou plus sûrement pour accélérer le départ d'un dictateur, certes, mais qui tient tête à Israël et à l'Occident? L'autre versant de cette mascarade, à tout le moins aventureuse, est la prétention du Conseil national syrien (CNS, opposition) d'hériter sans autre forme de procès du «trône» de Damas, demandant à ce qu'il soit reconnu par la communauté internationale en tant que «représentant légitime» du peuple syrien, comptant sans doute sur l'Occident - pour l'installer à Damas comme cela a été le cas du CNT libyen adoubé à Tripoli par l'Occident et l'Otan - lequel fit la guerre, en lieu et place du CNT, au régime d'El Gueddafi. La Ligue arabe! Quand donc cette outre vide, cette marionnette a-t-elle pris des décisions politique ou militaire dans les (nombreux) contentieux qui ont marqué le Monde arabe ces dernières décennies? Tombée sous la férule des Etats-Unis (qui, par Qatar interposé, tirent les ficelles de la recomposition du Monde arabe), la Ligue arabe s'est soudain découvert un pouvoir qu'elle n'a jamais eu, et décide «ipso facto» de mettre en place en Syrie une «force de paix» dans un pays, nous dit-on, à feu et à sang? Faut-il encore relever cette curieuse alliance entre l'Occident et Al Qaîda contre le régime d'Al Assad? Tout cela est, en fait, tragique. Tragique pour le peuple syrien.

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