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Elargir les consciences
02 Septembre 2001 Lu 147 fois
La raison du plus fort n’est pas toujours la meilleure. Pour plusieurs raisons, et non des moindres, convient-il de souligner ici. L’absence du président des Etats-Unis d’Amérique à la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance en est la parfaite illustration. Ce qui est regrettable pour un pays qui aspire à diriger la planète dans le cadre d’une mondialisation dont il a été, pourtant, l’un des principaux architectes. En prenant acte de cette défection, les 130 Etats représentés à Durban n’entendent pas se laisser influencer, outre mesure, par cette inélégance qui, si elle renforce l’aventure belliqueuse de la horde sioniste en passe de provoquer un génocide qui n’est pas sans rappeler, de triste mémoire, celui perpétré par les forces répugnantes du nazisme et du fascisme contre la communauté juive, ne sert nullement les intérêts bien compris des citoyens américains. En rappelant solennellement dans son discours en Afrique du Sud, deux décennies à peine après la chute de l’une des plus abominables formes de discrimination raciale, l’apartheid, qu’une injustice flagrante continue encore de frapper des peuples entiers, le Président Abdelaziz Bouteflika a, par la même occasion, insisté judicieusement sur le fait que cette même injustice ne cesse d’accentuer, à l’heure qu’il est, les stigmates engendrés le plus souvent par, ce qu’il appelle lui, les dérives infamantes des siècles écoulés, les crimes contre l’humanité et les idéologies fondées sur la volonté de domination et l’infériorisation de l’autre. C’est pour cette raison que de nombreux chefs d’Etat présents entendent, dans une sorte de réaction chorale, faire des propositions pour doter l’humanité de nouveaux repères en vue, dira le Président de la République paraphrasant en cela l’écrivain nigérian Wole Soyinka, prix Nobel, d’«élargir les consciences à l’échelle du monde». C’est parce qu’elle se tient dans un pays ayant vécu dans sa chair les affres de la négation et de l’exploitation éhontée, un pays où la majorité absolue de la population a su s’élever pour pardonner ensuite à une minorité qui n’est pas de la même couleur, que cette Conférence mondiale revêt un intérêt tout particulier. Sa mission ne consiste-t-elle pas, comme le suggère Abdelaziz Bouteflika, à jeter les bases d’une éradication totale des pratiques abjectes et de toutes les idées qui ont déshonoré l’humanité ou tentent de réanimer la bête immonde qui pourrait encore sommeiller dans l’inconscient des hommes?
Abdelhakim MEZIANI
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