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Cela s’appelle la mafia
03 Septembre 2001 Lu 141 fois
La mise en contexte des derniers attentats à la bombe qui ont ciblé Alger révèle de troublants indices qui épousent la courbe des événements qui se sont accélérés ces derniers mois. Au mois de février, rappelons-le, plusieurs foyers de tension sociale se sont déclarés un peu partout dans différents secteurs. Les taxis, la fédération des travailleurs du tourisme et du commerce, la Snta, sans oublier la grogne des commerçants de Béjaïa, avaient menacé d’initier des mouvements de grève, quand ils ne l’ont pas effectivement entamée. A ces prémices de printemps chaud avait succédé ce qui est qualifié dans la littérature journalistique de «printemps noir de Kabylie». La colère kabyle, portée à bras-le-corps par les ârchs, avait démontré la fragilité de la situation politique en Algérie, en ce sens qu’à travers elle tous les dysfonctionnements en termes d’action partisane ont été mis à nu. Les Algériens, qui à peine connaissaient une période d’accalmie sur le plan sécuritaire, ont renoué, le temps d’une campagne de massacre particulièrement acharnée, avec la barbarie. Abyssus abyssum invocat (l’abîme appelle l’abîme), dit la Bible. Une situation sociale explosive, un climat de désobéissance civile, un terrorisme qui reprend du poil de la bête, une campagne médiatique menée de l’étranger contre l’ANP, des tentatives plus récentes de discréditer les Douanes qui ont entamé une véritable opération «mains propres» à l’intérieur de ces services, etc., ce n’est plus une chronologie dont le hasard et les coïncidences étonnent. Cela s’appelle un plan, une opération montée sur l’échafaudage de la crise algérienne afin de couper court à toute tentative de s’en sortir, de sortir le pays de cette torpeur qui le paralyse depuis tant de décennies. Les attentats à la bombe dans la capitale suivent, avec une déconcertante logique de succession, tous les épisodes du plan qui se chevauchent et s’entremêlent dans le but de déstabiliser, au-delà du système, la République. La guérilla terroriste et maffieuse a démontré toute sa capacité à se mouvoir et à opérer une mutation qualitative afin de poursuivre sa lutte dont la seule finalité est la survie de ses clans occultes et la sauvegarde de ses intérêts. Du port d’Alger aux frontières de l’extrême Sud, on l’appelle MAFIA. Elle a ses barons et ses codes, ses bras tueurs et ses familles. Elle frappe quand elle veut, qui elle veut et où elle veut. Le combat pour la République, au-delà des rencontres de salons autour de la question de savoir quel vent porte les graines de la démocratie et de l’Etat de droit, se traduit dans le terrain des luttes contre les tentacules de cet empire parallèle qui, dans l’Algérie de Novembre 1954 et d’Octobre 1988, ne doit pas, ne doit plus, exister.
Adlène MEDDI
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