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Mauvaise communication
09 Septembre 2001 Lu 75 fois
Un haut responsable du pouvoir a annoncé, hier, dans les colonnes d’un confrère, que la réforme du système éducatif n’est pas remise en cause. C’est le gigantisme de la tâche qui explique, selon lui, le fait que les premières mesures de la réforme ne soient pas concrétisées pour la prochaine rentrée scolaire. Plus de 600.000 encadreurs et près de 8 millions d’élèves sont concernés par celle-ci. Cela exige, à en croire ledit responsable, beaucoup d’argent et de temps. Ces propos sont un démenti à ce qui a été dit récemment dans les milieux politiques, qui ont lu le silence subit du pouvoir sur la question de la réforme de l’Ecole, comme un recul de sa part devant l’offensive islamo-conservatrice contre le document de la commission Benzaghou. L’intervention médiatique du responsable, anonyme il faut le souligner, peut être donc comprise comme une mise au point nécessaire pour remettre les choses à leur place et, partant, donner son véritable poids à la mouvance islamiste qui n’a pas tardé à tirer les dividendes politiques d’une situation où, à en croire les décideurs, elle n’y est pour rien, pour la simple raison que tous les discours prononcés par Benmohamed et ses amis n’ont eu aucune incidence sur la volonté de l’Etat de réformer l’Ecole algérienne. Cela dit, cette intervention ne règle rien du fait qu’elle a été faite sous le couvert de l’anonymat. Les islamistes, qui crient leur victoire sur Bouteflika, ne vont pas se taire et continueront à véhiculer l’illusion de leur puissance, face au déficit vraisemblablement chronique en matière de communication, dont font montre les pouvoirs publics. Cet état de fait a participé à la déception d’une large frange de la société qui a mis tous ses espoirs sur la réforme du système éducatif. Les Algériens ne peuvent se suffire d’une petite déclaration anonyme, ils attendent une prise de position claire de la part du premier magistrat du pays. Il est important que Bouteflika lève l’équivoque en réaffirmant son attachement à la modernisation de l’Ecole algérienne et remette par là même, les islamistes à leur place. Si le silence des autorités persiste, ce sont les forces de la régression et le système pourri qui en profiteront. Autant le Président de la République a besoin de la société pour mener la réforme à son terme, autant cette dernière doit être informée. L’enjeu est effectivement de taille, le chantier de l’éducation est, de loin, le plus important de ce début de millénaire.
Mourad SID-ALI
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