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Le retour vers le futur
18 Octobre 2006
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Abdelaziz Belkhadem vient de suggérer à Rabah Kebir de présenter des candidatures aux prochaines élections législatives par le biais de listes indépendantes ou de partis politiques. Une suggestion faite après une longue discussion entre les deux hommes. Ainsi, en un laps de temps très court, Rabah Kebir a fait la tournée des grands ducs. Il a rencontré Abdelhamid Mehri, ancien secrétaire général du FLN, Boudjerra Soltani, président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrahmane Chibane, président de l’association de Ulémas et compte retrouver l’ancien président de la République, Ahmed Ben Bella. C’est dire qu’il est allé vers les personnalités parmi les plus influentes sur la scène politique nationale. En plus de ne pas être passé inaperçu, l’événement soulève plusieurs interrogations. La première remarque a trait au fait que ce personnage, rentré au pays après l’expiration du délai de la reddition fixé par la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, est interdit de toute activité partisane. Ce à quoi il a répondu, au sujet de certains articles de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale qui interdisent le retour sur la scène politique de ceux ayant été à l’origine de la tragédie nationale, «ces dispositions finiront par être dépassées avec le temps». On ne peut être plus clair pour affirmer la réhabilitation prochaine des chefs de l’ex-FIS et, pourquoi pas, un retour aux années 1990. Le retour sur la scène politique de l’ex-FIS, ou sous une autre appellation, est rendu possible grâce à la Charte pour la paix. Mettant à profit la «générosité» de cette charte, les anciens responsables du FIS dissous avancent l’idée de la création d’un parti politique et, pis encore, de se présenter aux prochaines élections locales et législatives de 2007. La mission? Contribuer à la stabilisation politique du pays, même si cela doit passer par la fondation d’un parti du «salut» (el inkad). Pourtant, beaucoup d’eau et même de sang ont coulé depuis sous les ponts, mais l’idée de salut, de rédemption, de providence, qui faisait l’essence même du parti islamiste, est toujours d’actualité.
Aussi, il n’est pas exclu de voir l´ex-FIS, sous une appellation ou une autre, aux prochaines élections. Et dans le cas d’une victoire, imaginons ce même FIS former un groupe parlementaire à l’APN, et sa force de blocage. Ou bien imaginons le scénario: ces islamistes se présentent aux locales dans les listes d’autres partis politiques, qu’ils soient islamistes ou conservateurs. Beaucoup auront la berlue à ce moment, même si Rabah Kebir tente d’être et se veut convaincant en affirmant «nous avons changé». Veut-il faire entendre par là que le discours radical est bien derrière? Qu’il ne considère plus la démocratie comme «kofr» et qu’il respecte les habitudes et les moeurs de tous les Algériens? Difficile à dire et à croire.
Pour embarrassante, la situation politique actuelle l’est vraiment à plus d’un titre.

Smail ROUHA

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