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La crise financière mondiale et l’Algérie
18 Août 2007
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New York, Tokyo, Singapour, Londres, Paris, toutes les places financières mondiales sont dans une tourmente qui dure depuis une quinzaine de jours et qui s’est aggravée brutalement jeudi dernier. Pour les uns, nous sommes à deux doigts d’un krach mondial, pour d’autres, ce n’est qu’un «réajustement brutal» des marchés financiers. Les spécialistes expliquent que la déroute a commencé aux Etats-Unis avec la crise qui a touché les crédits immobiliers et, par effet d’ondes de choc, a fini par atteindre tous les marchés financiers de la planète.
Des agences de presse internationales rapportent que depuis jeudi dernier les prix du pétrole suivent la déroute des marchés boursiers. Une incidence qui serait la plus importante pour notre pays dont l’économie est basée sur les hydrocarbures. Mais pas seulement car, non seulement une partie au moins de notre marché financier est détenue par des banques internationales qui se sont installées récemment chez nous mais aussi et surtout la crise financière, si elle persiste et s’aggrave, deviendra fatalement à terme une crise économique. C’est-à-dire que les activités de commerce et d’industrie seront également touchées.
Sans vouloir verser dans le catastrophisme, il est clair cependant que nous dépendons des marchés extérieurs par les exportations de nos hydrocarbures ainsi que par les importations de nos biens de consommation. Ce qui revient à dire que la crise qui secoue aujourd’hui les marchés financiers de la planète nous concerne au plus haut point.
Les mécanismes qui ont permis «d’étaler» la crise immobilière américaine et la transformer en crise mondiale sont très sophistiqués, de l’avis des plus grands experts et très peu d’économistes en maîtrisent les effets. Les choses se compliquent encore plus lorsqu’on entend le président français, Nicolas Sarkozy, inviter le G7 à travailler sur la transparence des marchés financiers. Une piste qui implique que ces mêmes marchés financiers souffrent d’opacité et échappent à tout contrôle et donc à toute tentative de régulation.
Devant de tels risques, les derniers soucis qu’ont pu nous causer les hausses des prix du lait et du blé sur les marchés mondiaux paraissent tout à coup bien dérisoires. Malgré tout, le gouvernement a pris les devants en installant, jeudi dernier, un comité de veille ad hoc pour surveiller «les tendances du marché et proposer des correctifs».
En quelques heures cette mission semble être dépassée par les événements.
Du simple commerce, il faudra à nos responsables passer à la haute finance. Les citoyens que nous sommes, aimerions bien être rassurés sur le degré d’expertise des membres du comité ad hoc. La publication d’un communiqué du gouvernement sur les incidences de la crise mondiale sur notre pays est plus que souhaitable.
C’est notre droit à l’information.

Zouhir MEBARKI

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