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L’Algérie qui recule...
01 Octobre 2007
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Dans tous les classements établis par les ONG et les institutions internationales (corruption, climat des affaires, environnement, football, et j’en passe), l’Algérie perd des points. Alors qu’on parle de bonne gouvernance, il y a là des indices inquiétants. Est-ce qu’on le fait exprès?
Oui, à moins qu’on le fasse exprès, pour battre nos propres records dans le déclassement au niveau international, on ne pourrait pas faire mieux dans le pire.
En revanche, là où le bât blesse, c’est bien celui de l’inflation. Là, c’est les montagnes russes. Ça grimpe, ça grimpe, à n’en plus finir, à vous donner le vertige, à vous inoculer le tournis, si ça se trouve.
De la pomme de terre à l’huile de table, de la semoule de blé au yaourt, tout, pratiquement tout, est concerné par ce mouvement à la hausse. Et déjà on nous parle de l’augmentation de la taxe sur le gasoil et du doublement du prix de la vignette pour les véhicules diesel. Là, on sait tous que ça va faire boule de neige. Avec l’augmentation du prix du transport, tous les produits seront touchés en retour. Les produits de première nécessité, les matériaux de construction, les équipements électroménagers, les médicaments et les produits pharmaceutiques. Cela aura certainement une répercussion sur les loyers, un impact sur les services, et de fil en aiguille rien ne sera épargné. Le citoyen algérien, qui a déjà du mal à joindre les deux bouts, verra sa vie devenir un enfer.
Si dans le même temps, il y a un syndicat officieux ou officiel qui envoie des lettres de satisfaction, alors pourquoi pas? Un syndicat maison, qui a un fil à la patte, et qui est là pour défendre les intérêts, non pas des travailleurs, mais de ceux des princes qui nous gouvernent. Ça existe, vraiment. Et apparemment, c’est une spécialité algérienne.
L’augmentation attendue par les travailleurs n’a pas eu lieu, bien au contraire, et c’est une déception immense pour tous les travailleurs. Déception est le mot. Occasion de serrer un peu plus la ceinture. Pour les mères de famille qui ont une nichée de bouches à nourrir, la ceinture est déjà assez serrée. Mais c’est vrai que certains ne portent pas la ceinture, mais plutôt des bretelles, et qu’ils ne mangent pas avec une cuillère, mais avec une louche!
Quel que soit le bout par lequel on prend un tel problème, on voit bien qu’il existe une Algérie à deux vitesses, à deux collèges, et que si une minorité est à l’abri des turbulences du marché, d’autres en revanche sont exposés en première ligne. Le problème c’est quoi? On a la nette impression que ces princes qui nous gouvernent ne gèrent pas un pays, mais seulement leur carrière.

Tarik RAMZI

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