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Alger-Paris, le décryptage
15 Octobre 2007
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Après son dernier voyage à Paris, tout le monde s’était accordé pour dire que le ministre de l’Intérieur, Nourredine Yazid Zerhouni, a fait le déplacement pour rassurer son homologue française, Michèle Alliot-Marie, à propos des menaces terroristes que fait peser sur la France le Gspc. Visiblement, cette lecture d’une Algérie qui rassure la France a été pour le moins hâtive et sans ancrage avec la réalité.
La réalité est que la visite de M.Zerhouni est intervenue juste après que soit annoncée bizarrement, par le parquet de Paris, l’ouverture d’une enquête sur l’attentat de Lakhdaria ayant ciblé des cadres français opérant sur un projet dans la région. Aussi bizarre que si la justice algérienne s’était saisie des émeutes des banlieues où se trouvent aussi bien des Algériens que des binationaux.
Elle est intervenue aussi dans une ambiance marquée par l’ouverture du procès de Rachid Ramda, en liaison avec les attentats commis en 1995 à Paris.
Elle est intervenue enfin dans un climat de grande tension sécuritaire dans les deux pays. En Algérie, avec l’introduction dans les actions terroristes des kamikazes et notamment celui de Batna. En France, depuis que le numéro2 d’Al Qaîda, Ayman Al-Zawahiri, ait demandé au Gspc -qui se veut sa «filiale» au Maghreb- de s’en prendre aux Français et aux Espagnols mais pas aux Italiens qui pourtant font également face à l’Afrique du Nord. Autre bizarrerie ou plus simplement l’effet Romano Prodi qui est, à la région, ce que Hugo Chavez est à l’Amérique latine.
La réalité ce sont aussi les déclarations officielles après la rencontre entre les deux ministres qui parlent de «retour de la confiance» entre les deux pays. Ce qui implique un préalable de méfiance. Troisième bizarrerie quand on se rappelle qu’il y a peu nous étions dans des dispositions d’un traité d’amitié.
Un «retour de la confiance» tel qu’il a permis à notre ministre de l’Intérieur de choisir Paris pour annoncer la reddition de Hassan Hattab, fondateur du Gspc et de ses réseaux en France, dont celui de Rachid Ramda.
Aujourd’hui, on peut affirmer que notre ministre de l’Intérieur n’a pas fait le voyage pour rassurer son homologue française. Dans une interview au quotidien français Le Monde, édition du samedi 6 octobre, la ministre française de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, annonçait, s’inspirant du modèle anglais de lutte contre le terrorisme, son intention de «multiplier par trois les caméras de surveillance en France». Une annonce qui sonne comme une réponse française aux «assurances» algériennes.

Zouhir MEBARKI

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