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Syndrome d’automne
17 Octobre 2007
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Les partis jouent-ils convenablement leur rôle? L’administration fait-elle comme il se doit son travail en facilitant au maximum celui des associations à caractère politique (ACP, autrement dit les partis politiques)? Face à la cacophonie et aux désordres, notamment en période électorale, qui caractérisent les premiers, la nonchalance, voire la mauvaise foi dont fait montre la seconde, on est fondé à dire que sur le plan de la gouvernance tout reste encore à faire en Algérie. Comment peut-il en être autrement au regard du spectacle affligeant qu’offrent, à la veille de chaque scrutin, nos partis politiques incapables de contrôler et de canaliser leurs adhérents et militants. Et c’est encore le doyen des partis algériens, le FLN, qui se met en exergue par les débordements de ses militants et par les incohérences de ses responsables. Des faits indignes d’un parti qui se doit, se devait, de donner l’exemple en toute circonstance. Or, le scénario des législatives où n’importe qui faisait n’importe quoi, où le choix des candidats est diligenté de divers centres de décision, -en sus de parachutages iconoclastes- s’est répété avec les postulants à la candidature pour les élections locales. Un (mauvais) exemple parmi tant d’autres. De son côté, l’administration censée être au service des citoyens et faciliter leur démarche -de quelque ordre qu’elle puisse être- semble au contraire faire tout faux en posant, en cette période préélectorale, des entraves aux partis -qui ne sont pas bien en Cour- lors des dépôts des listes de candidatures au scrutin des APC et des APW. C’est le cas notamment du RCD qui compte d’ailleurs ester en justice une demi-douzaine de walis qui auraient, selon ce parti, empêché ses militants de déposer à temps leur liste avec le risque de les faire exclure de la course aux Assemblées communales et de wilaya. Faut-il s’adresser, à l’instar de ces milliers de citoyens impuissants à se faire entendre et à faire prendre en charge leurs doléances, au président -comme en témoignent leurs lettres que publient les journaux- pour résoudre des affaires de routine administrative? Les partis politiques vont-ils, dès lors, pour être sûrs que leurs listes seront correctement prises en charge, s’adresser directement à El Mouradia? Mais à ce niveau, est-ce encore de la bureaucratie, quand sont érigés des obstacles au fonctionnement normal de l’administration? On parle beaucoup de gouvernance, mais peut-il y avoir gouvernance, au sens strict du terme, lorsque les partis politiques ne s’assument pas, quand l’administration se substitue au citoyen et fait le «ménage» à son niveau, au détriment du choix citoyen de la désignation de ses élus? Or, lorsqu’un parti politique se trouve dans l’impossibilité d’imposer ses critères de sélection pour l’éligibilité à la candidature, quand, par des artifices, l’administration favorise l’un et/ou entrave l’autre, n’entrons-nous pas déjà dans le marécage fangeux de la fraude, qu’elle soit intentionnelle ou délibérée? Le fiasco des législatives aurait dû donner à réfléchir aux partis politiques et à l’administration. Or, tant cette dernière que les partis ne semblent avoir tiré profit des erreurs commises au printemps, erreurs qui risquent fort de se reproduire en cet automne avec, à la clé, un nouveau record d’abstention.

N. KRIM

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