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Partenariat équitable
21 Octobre 2007 Lu 512 fois
Dans son discours prononcé à Toulon le 17 février 2007, le candidat Nicolas Sarkozy évoquait pour la première fois un projet d’Union méditerranéenne. Ce qui avait laissé croire, alors, à une campagne parallèle, à une offensive de charme destinée non plus aux électeurs français mais aux gouvernants du Bassin méditerranéen. Cette initiative avait pris de court toutes les réflexions qui avaient déjà été entamées. Pour faire aboutir son projet, Nicolas Sarkozy est passé à la vitesse supérieure. Multipliant les visites auprès de ses homologues, le président français a tenté de convaincre de la pertinence d’instaurer une Union méditerranéenne pour les pays du sud de la Méditerranée, à l’instar de l’Union européenne. L’Algérie était le point de départ d’une tournée de l’hôte de l’Élysée au Maghreb. Néanmoins, cette tournée avait été marquée par la défection du Maroc. Signe d’hésitation du Sud. Bien que les avis divergent quant à la faisabilité de l’Union méditerranéenne, celle-ci présente le double attrait de ressusciter le vieux rêve d’une Méditerranée enfin unifiée. Le projet UM veut séduire par les innovations qu’il comporte. On doterait ainsi les Pays tiers méditerranéens (PTM) d’outils institutionnels propres, du même type que ceux de l’Union européenne. Cependant, l’Union méditerranéenne repose sur le codéveloppement. Pour faire avancer le projet, on table sur la convergence autour de thèmes consensuels, comme l’environnement, tout en prenant soin d’éviter ou d’aplanir les sujets qui fâchent, comme la question israélo-arabe et le problème du Sahara occidental. Mais pour parvenir à la construction de l’Union méditerranéenne, il faudra que le politique prenne l’initiative pour arriver à faciliter l’évolution économique. Or, dans un partenariat, il faut être deux au moins. Mais au Sud, la création de l’Union du Maghreb arabe (UMA) est freinée par le conflit sahraoui. De ce fait, il faudra d’abord assainir la situation au Maghreb avant de passer à la construction de l’Union méditerranéenne. Car fini le temps où les échanges se faisaient de pays à pays, mais d’entité à entité. Par conséquent, ces deux entités ont plus à gagner aujourd’hui en se rapprochant qu’en s’éloignant. Pour ce faire, il suffira à la France officielle de respecter les conditions du droit international pour permettre au Sahara occidental d’accéder à l’autodétermination. Mais le Sahara occidental demeurera l’obstacle à toute construction qui se veut positive du pourtour méditerranéen. En effet, le renforcement des relations algéro-françaises demeure un voeu cher à Nicolas Sarkozy qui veut en faire le pivot de l’axe Europe-Méditerranée, à l’image de l’axe franco-allemand, moteur de l’Europe, et, du coup, réussir l’un des grands projets de son quinquennat. Donc, s’il n’y a pas d’évolution tangible dans le sens d’un approfondissement de la coopération entre les deux entités, les accords signés, ou ceux à venir, risquent d’être vidés de leur sens si la situation de blocage n’est pas dépassée. Une situation qui compromettrait toute tentative de coopération ou de partenariat, lequel partenariat risque de demeurer indéfiniment en plan. Cependant, rien n’est encore perdu pour peu que la France sache où se trouvent ses vrais intérêts. Ce qui, en matière de coopération, serait quand même la moindre des choses...
Smail ROUHA
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