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L’hygiène avant la santé publique
22 Octobre 2007 Lu 611 fois
On aurait tort de tout mettre sur le dos du ministère de la Santé publique dès que sont abordées les épidémies que connaît le pays. Que ce soit pour la peste de l’Oranie ou pour l’Hanta Virus de Sidi Bel Abbès en passant par l’angine blanche de Béjaïa ou la leishmaniose des Hauts-Plateaux, toutes ces épidémies relèvent, de l’avis de tous les experts, de «l’urbanisation anarchique, de la dégradation du cadre de vie et de l’hygiène du milieu». En clair, il faut montrer du doigt le premier maillon qui est défaillant en matière d’hygiène publique. Simple hasard de calendrier des auditions du président de la République qui nous fait aborder le sujet et qui tombe à pic avec la préparation des élections municipales pour dire avec colère que le premier maillon responsable des épidémies est la commune. Plus précisément, les responsables de la commune. Ceux qui sont élus. Une épidémie commence par le ramassage des ordures qui ne se fait pas ou se fait très mal. Une épidémie c’est le réseau des eaux usées qui s’enchevêtre avec celui de l’eau potable. Une épidémie ce sont des rats qui prolifèrent sans que les responsables locaux ne soient dérangés dans leur quiétude. Une épidémie ce sont des chiens et chats errants qui se multiplient alors que les autorités locales font semblant de regarder ailleurs. Une épidémie est transmise par des conditions d’hygiène publique déplorables. Le simple geste de se laver les mains avant de manger vaut très souvent toutes les vaccinations du monde. Mais qui doit enseigner tant aux enfants qu’aux adultes l’importance du savon? Chacun se rejette la balle. En réalité et devant l’ampleur des dégâts et puisqu’il est à la mode de créer des offices, pourquoi ne pas penser à créer celui de l’hygiène ou, plus prosaïquement, celui de la propreté? Le ministère de la Santé publique, lui, a autre chose à faire actuellement. Il doit tordre le cou à la médecine gratuite et mettre en place les mécanismes nécessaires pour aller à la privatisation des structures de santé. Parmi ces mécanismes se trouve précisément la contractualisation qui doit aboutir à l’autonomie financière des hôpitaux, laquelle autonomie permettra par la suite la prise de participation puis la franche cession. Des mécanismes qui devront être «administrés à doses homéopathiques» dans ce lourd passage d’une extrême à l’autre. Le pilotage est loin d’être aisé. Le rôle de l’Etat doit, dans tous les cas, être préservé, voire même renforcé si vraiment l’on veut éviter de livrer notre santé aux trabendistes. Comme les «spécialistes» de la césarienne que nous avons déjà dans certaines cliniques privées. Voilà ce à quoi doit veiller le ministère. Pour les épidémies il faut voir en amont.
Zouhir MEBARKI
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