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Un clou chasse l’autre
23 Octobre 2007 Lu 593 fois
Deux mesures impopulaires et tout aussi inefficaces viennent d’être remises en cause. La première est connue sous le nom de la circulaire Ouyahia, du nom de l’ex-chef de gouvernement qui avait émis une circulaire interdisant aux entreprises publiques de déposer leur argent dans les banques privées, qui vient d’être abrogée. La seconde, votée par le Parlement dans la loi de finances complémentaire 2005, obligerait les importateurs à faire état d’un capital de 20 millions de dinars. On peut penser que la pénurie de pomme de terre et la mauvaise qualité de celle qui été importée du Canada sont liées à la disparition de la concurrence dans les opérations de commerce extérieur, la disposition de la loi de finances complémentaire ayant favorisé l’émergence et la constitution de monopoles au point que certains groupes d’intérêt ont acquis une position dominante dans des pans entiers de l’économie nationale. L’activation du Conseil de la concurrence permettra sans doute de veiller à ce que cela ne se reproduise plus, même s’il faut qu’il y ait plainte pour que la loi antitrust soit mise en oeuvre. Quant à la circulaire interdisant aux entreprises publiques de déposer leur argent dans les banques privées, elle va à contre-courant de tout le discours développé depuis plusieurs années et faisant l’apologie de l’économie de marché. Le contexte dans lequel a été prise cette mesure, et qui est liée à l’affaire Khalifa et aux scandales financiers de deux autres banques privées, est un mauvais prétexte. Soit les institutions bancaires et financières du pays sont en mesure de veiller à la bonne application des règles prudentielles, sans toucher à la fluidité et à la transparence du fonctionnement de l’économie, soit on est dans un moulin où chacun fait ce qu’il veut, quitte à se déjuger pour un oui ou pour un non. Car il est évident que la circulaire Ouyahia a été prise dans la précipitation, l’essentiel étant de mettre sa tête à l’abri, avant que le scandale Khalifa n’éclabousse tout le monde. «Après moi, le déluge» était le principe de cette circulaire. Une solution de facilité qui pouvait causer des torts à l’économie nationale; mais là n’était pas le souci des rédacteurs de ce texte. Aujourd’hui qu’il s’agit de mener à son terme la privatisation du CPA, on revient en haut lieu à de meilleurs sentiments. Une circulaire aura donc à abroger ce qui a été institué par une autre circulaire. Un clou chasse l’autre. Ainsi va le monde. Restent les suites judiciaires de l’affaire Khalifa, et dans laquelle beaucoup de directeurs généraux d’entreprises publiques sont impliqués. Quelle sera leur réaction?
Tarik RAMZI
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