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On demande à voir
29 Novembre 2007 Lu 677 fois
Un compromis arraché en dernière minute, une conférence qui dura le temps de se dire bonjour, est-ce cela les ingrédients pour venir à bout d’un contentieux pendant depuis six décennies? Permettez-nous d’en douter! La paix demande autrement d’efforts et de convictions pour être demain au rendez-vous des peuples de la région proche-orientale et singulièrement du peuple palestinien spolié de sa terre, de ses droits et de ses espoirs depuis soixante ans. Et ce n’est pas le volontarisme d’un président qui a dilapidé sa crédibilité au long d’une politique étrangère calamiteuse -qui n’a su saisir aucune des occasions qui se sont offertes ces dernières années pour trouver, sinon imposer, une solution équitable au dossier israélo-palestinien- qui va y changer grand-chose. Dans son discours à la conférence d’Annapolis, le président George W.Bush a lourdement insisté sur la mise en oeuvre de la «Feuille de route», plan de paix international, initié en 2003, qui n’a reçu, depuis, aucun début d’application, demeurant en hibernation tout au long de ces années. Par ailleurs, M.Bush qui «espère» que le dossier soit bouclé avant la fin de 2008 -et en même temps de son mandat- ne fixe, cependant aucun calendrier aux deux parties pour arriver à un accord ouvrant sur une véritable paix entre les deux peuples palestinien et israélien et souscrire à l’avènement de l’Etat palestinien indépendant doté de tous les attributs de la souveraineté, édifié sur un territoire uni et homogène qui lui permette d’être viable. Or, en affirmant qu’Israël est «la patrie» de tous les juifs, M.Bush prend position (en faveur de l’Etat hébreu), sinon tranche sur un point crucial des négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne: le droit au retour des réfugiés palestiniens. En revanche, le chef de la Maison-Blanche n’a exigé d’Israël ni le gel de la construction de logements dans les colonies juives, ni celui de l’édification de la barrière de sécurité qui défigure la Cisjordanie. Pratique et réaliste, le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a carrément douché les espoirs, si espoirs il y avait, en affirmant, juste après la clôture de la réunion, qu’il n’était pas certain que les négociations s’achèvent à la date que leur a marquée le président américain. Aussi, on ne peut qu’être sceptique quant à la suite des événements. On craint surtout que le président Abbas, qui n’a pas la stature, ni le même caractère que le défunt Yasser Arafat, ne se soit laissé embobiner par l’atmosphère festive d’Annapolis. De fait, la poignée de main franche et cordiale entre MM.Bush et Olmert et celle plus empruntée entre le président américain et son homologue palestinien, renseigne sur la qualité et la connivence entre l’Américain et l’Israélien, et plus protocolaire entre ce même Américain et le Palestinien et, surtout sur la distance qui sépare Abbas et ses deux interlocuteurs. La prestation des organisateurs de la réunion d’Annapolis a été bonne, mais peu convaincante. Aussi, d’ores et déjà la question est de savoir ce que sera l’après-Annapolis avec, en filigrane, cette interrogation: Annapolis faut-il vraiment y croire? Oui, on demande à voir.
Karim MOHSEN
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