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De la solitude à la solidarité
13 Décembre 2007 Lu 597 fois
Vingt-quatre heures après le double attentat, les Algériens n’en revenaient toujours pas, hier, de ce qui venait de leur arriver. Ils se sont réveillés groggy après les images d’horreur qu’ils croyaient ne plus voir chez eux. Des images qu’ils croyaient n’être plus que celles d’un lointain passé. Des images qu’ils croyaient, comme dans une pandémie, être malheureusement aujourd’hui exclusivement du quotidien des Irakiens. Ceci pour l’ensemble des Algériens. D’une manière générale. Pour les parents des victimes, c’est encore plus atroce. Le choc qu’ils ont reçu est trop violent pour passer en quelques jours. En frappant fort et par deux fois c’est précisément ce que voulaient les terroristes. Avoir le plus grand impact psychologique. Et s’il fallait trouver une différence entre ce qui vient de nous frapper et le terrorisme tel que nous l’avons vécu jusque-là, elle serait de taille. Au cours de la première décennie «rouge», nous étions totalement seuls à vivre notre cauchemar. Isolés des autres pays de la planète comme des lépreux, nous pleurions et enterrions seuls nos morts et pansions nos blessures vaille que vaille. Pis encore, des pays et pas des moindres comme ceux d’Europe, servaient même de bases arrière à nos bourreaux. Toute leur logistique provenait de ces pays. On disait même qu’ils «tendaient le couteau» à nos égorgeurs. Il se trouve que ces pays sont aujourd’hui dans d’autres dispositions. Après avoir, à leur tour, «goûté» à la souffrance servie par le terrorisme, ils se sont réveillés et ont changé totalement de position envers nous et notre calvaire. Alors qu’hier ils détournaient la tête, les pays de la communauté internationale, des chefs d’Etats, des organisations humanitaires, ont été très nombreux à condamner les attentats à la voiture piégée qui ont endeuillé des familles à Hydra et Ben Aknoun. Les messages de compassion et de solidarité affluent de toute la planète comme jamais par le passé. Des voix s’expriment des quatre coins de la planète. De Malaisie où il était en voyage, pour Ban Ki Moon le secrétaire général de l’ONU, jusqu’à nos voisins proches, les Français dont le président a appelé le nôtre et l’a assuré de la solidarité française. Les temps ont en effet changé. Depuis le combat inégal que nous avons livré seuls contre une bête qui a depuis démontré l’ampleur de sa capacité de nuisance. Une bête qui peut frapper partout. Aux Etats-Unis comme en Arabie Saoudite. A Londres comme à Casablanca. A Paris comme au Pakistan. Et si hier nous avons pu résister et rester debout face à la bête immonde alors que nous étions seuls, ce n’est pas aujourd’hui, forts de l’appui international qui vient de nous être exprimé, que nous allons baisser les bras.
Zouhir MEBARKI
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