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Une fin d’année particulière
27 Décembre 2007 Lu 480 fois
Le front social est en ébullition. Mais les responsables dorment tranquillement au coeur de l’hiver, tout près des fêtes de fin d’année. Tandis que les citoyens profondément touchés qu’ils sont par les trop régulières crises et pénuries de produits de large consommation et un pouvoir d’achat en pleine dégringolade, attendent le père Noël, les responsables sont pour la plupart douillettement à l’abri de leur lucarne télévisuelle. C’est qu’elle met de la distance entre le canapé, d’un côté, la misère sociale, le feu et le sang, de l’autre! C’est aussi qu’il y a tant et tant de morts et d’attentats qu’on en a perdu le compte, même de bonne foi. Et voilà que, tout à fait inattendue, la menace surgit. Le dernier double attentat du 11 décembre ayant endeuillé la capitale a estompé les certitudes et la tranquillité. Ce double attentat réduit aussi la suffisance d’aucuns. Cet attentat s’explique par la baisse de vigilance, reconnaissait le ministre de l’Intérieur. Une occasion de discuter de la validité des «méthodes particulières de recherche» mises en place. Si les mesures prises ont suscité le débat du côté des libertés démocratiques, elles n’en ont pas moins contribué à maîtriser un tant soit peu la situation. Elles ont, dans une certaine mesure, pu éviter en maintes occasions l’horreur supposée. Cependant, il y a lieu de faire une révérence au Directeur général de la Sûreté nationale: «Il n’y a que ceux qui peuvent assumer la charge de faire face au terrorisme qui vont rester dans nos rangs», a averti Ali Tounsi. Deux sujets sur lesquels on pourra traiter en abondance. L’autre est celui du social. Peut-être qu’un jour le bilan sera-t-il fait, à bon escient, sans doute au moment où on aura déterminé l’exact dysfonctionnement dans la gestion sociale. Les crises et les pénuries, l’Algérie en a connues, sans que des solutions apparaissent. Et on se borne, pour l’instant, à espérer que les mesures d’usage seront, un jour, prises. Un sentiment teinté de naïveté diront, sûrement, certains. Et, pourtant, on le combat vainement. C’est que, l’avertissement délivré par les différents syndicats, resté sans écho, les responsables devraient le prendre au sérieux. Bien sûr que non, la menace c’est pour l’année prochaine. Les fêtes de fin d’année d’abord. On réveillonne d’abord avant le réveil brutal. L’avenir montrera qu’il n’en était rien, que la crainte est évidemment née à tort allons donc, le front social sur un chaudron alors que les caisses sont pleines? A moins, susurre toutefois l’inconscient, que...Pour des millions de citoyens, cette incertitude-là résonne chaque jour, même s’ils ne savent rien de ce qui se passe là où il fait froid en cette fin d’année. Pourtant, pour la première fois depuis longtemps, un semblant de séisme politique transpire «pour du vrai» sur les responsables. Ils ne vont pas pleurer: personne n’est touché par une quelconque crise ou pénurie dans leurs rangs. Bien au contraire, ils comptent faire la fête. Mais après, car c’est après la fête qu’on se gratte la tête. Aussi, il est urgent de réfléchir beaucoup plus à ce que d’autres vivent.
Smail ROUHA
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