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Charges et surcharge
17 Janvier 2008 Lu 547 fois
De nombreuses lettres de doléances de lycéens d’Alger sont parvenues, ces derniers jours, à notre rédaction, et dans lesquelles il est fait grief de la surcharge d’un programme scolaire marathonien qui fait craindre de beaucoup de nos correspondants le contrecoup lors des examens du Bac. Il est clair que le ministère de l’Education nationale veut bien faire les choses en mettant en branle des réformes qui, de son point de vue, doivent contribuer à l’amélioration du niveau des études, alors que dans l’absolu cela n’est pas aussi évident que cela puisse paraître. D’autre part, demeure en toile de fond le problème des enseignants qui, n’arrivant toujours pas à trouver un point d’accord avec leur ministère de tutelle, recourent à la grève pour faire valoir leurs droits. Aussi, la surcharge des programmes scolaires conjuguée à l’arrêt des cours induit par les grèves récurrentes, ont un effet pénalisant sur les lycéens qui risquent d’arriver stressés au rendez-vous des examens de fin d’année. Les lycéens comme leurs enseignants se sont d’abord adressés à leur interlocuteur privilégié: le ministère de l’Education nationale. Or, les uns et les autres déplorent un manque d’écoute de la part des autorités concernées et l’impression qui se dégage est que dans un cas - celui des lycéens qui demandent un allègement de leurs programmes scolaires -comme dans l’autre- les enseignants qui réclament des salaires plus dignes à hauteur de leurs charges les pouvoirs publics, rigides dans leur interprétation des rapports avec les uns et les autres, poussent au pourrissement. Cette fermeté aurait été, à la limite, admissible et saine, si elle avait été suivie d’un véritable dialogue capable d’aplanir les différends ou mieux faire comprendre la démarche des autorités. Faute de quoi, c’est l’autoritarisme qui prime réduisant ainsi les rapports sociaux ou professionnels à des injonctions. Et c’est là que le bât blesse quand est fait peu cas des préoccupations normales, en tout état de cause fondées, s’agissant des revendications des lycéens et des enseignants. Les pouvoirs publics devaient pourtant être les premiers à savoir que la légalité est d’abord un facteur de bien-être de la population, et dans le cas des enseignants, il est patent de voir que leurs syndicats, à défaut de légalité, par le suivi massif du mot d’ordre de grève, expriment le ras-le-bol d’une catégorie de travailleurs et démontrent outre leur représentativité, la légitimité de leurs revendications sociales et professionnelles. Aussi, le moindre des effets aurait dû amener, à tout le moins, la tutelle à faire l’effort d’écoute des doléances des enseignants, à revoir une programmation scolaire peu adaptée pour les lycéens. L’absence de discussions, avec les lycéens et les enseignants, butte donc sur une lecture réductrice que les pouvoirs publics font, ou se font, du malaise des premiers face à leur avenir scolaire et des seconds quant à leur droit de grève, justifiant ainsi, à peu de frais, leur désintérêt d’une situation qui perdure et qui, outre de faire craindre des difficultés de fin d’année, -de fait que selon les lycéens seul un tiers des programmes a été achevé- touche de plein fouet des milliers de travailleurs de l’enseignement, doublement pénalisés dans leur profession et dans leur statut de formateur. Ce manque de répondant ou d’intérêt face à des questions fondées, n’est pas le signe d’un Etat fort, capable d’affronter les turbulences induites par une société en continuel mouvement aspirant au mieux et à ce que ses droits soient respectés et défendus.
N. KRIM
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