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Espérance
27 Janvier 2008 Lu 380 fois
2008, année d’affolement des prix du pétrole. Les recettes de l’Etat dépassent les 100 milliards de dollars. 2008 est également une année charnière. Aussi bien au plan politique que social dans la mesure où face aux problèmes qui les assaillent, les citoyens-fonctionnaires, d’une manière générale et particulièrement les syndicats, ne veulent pas croiser les bras. Et ce, en dépit des accords ou des protocoles d’accord signés, par ailleurs, lors de bipartite ou tripartite. La preuve a été fournie, récemment par la Coordination des syndicats qui, malgré la «revalorisation» du point indiciaire, a grimpé aux rideaux en lançant des hurlements de gorille piégé, car la réévaluation indiciaire ne répondait pas aux espoirs de l’amélioration du pouvoir d’achat C’est ainsi que lors de la grève nationale, l’intersyndicale n’a pas manqué de signaler que la hausse des prix était intenable et que l’érosion du pouvoir d’achat qui en découle est inacceptable. La même Intersyndicale, visiblement en verve, compte reprendre avec le soutien du Conseil national des enseignants du supérieur, son débrayage à partir du 10 février prochain. C’est loin, à notre avis, d’être un bon signe pour la stabilité sociale et encore moins institutionnelle. Et celui qui espérait de meilleurs événements, risque de déchanter. Parce que l’Ugta, comme les autres acteurs sociaux, pourrait bien jeter l’éponge face à une situation qui ne présage rien de bon à l’international et face à l’évidente incapacité des pouvoirs publics à résister à la grogne sociale. Et même à faire rêver. Les Algériens ont presque toujours connu des difficultés. De l’Indépendance à nos jours, beaucoup de citoyens n’ont pas été particulièrement gâtés. Ils sont nés pauvres, ils ont grandi pauvres et ils sont nombreux à être morts pauvres. D’autres ont su, quelles que soient les difficultés qui surgissent, s’en tirer beaucoup plus grâce à leur sens de la débrouillardise qu’à l’espérance que leur travail leur procure ou peut leur procurer pour le mieux-être. Face aux diverses crises, les Algériens sont aujourd’hui orphelins d’espérance et de représentativité institutionnelle. Le pouvoir d’achat dégringole. L’argent manque-t-il à ce point? Le prix du pain, malgré les assurances des pouvoirs publics, menace d’augmenter en raison des fluctuations internationales. Va-t-on dégraisser le pain pour le vendre au même prix? Peut-être que le jour viendra où on demandera aux Algériens de jeûner onze mois par an par ces temps de disette. Mais «il y a pire qu’échouer, c’est de ne pas essayer» dit-on et pour que l’intention rejoigne l’action il faudrait que les pouvoirs publics s’impliquent sérieusement en réactualisant leurs discours et en entreprenant des initiatives concrètes et surtout en temps réel.
Smail ROUHA
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