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La politique du tiroir-caisse
28 Janvier 2008 Lu 408 fois
Quand on entend M.Barkat, le ministre de l’Agriculture, nous donner sa solution, comme il l’a fait samedi dernier sur le plateau de l’Entv, pour faire face à la crise dans le secteur agroalimentaire de base, on se prend la tête entre les mains. Solution de facilité que ce recours à l’argent. Solution de facilité qui ne règle rien en définitive, mais qui repousse seulement le problème. Subvention par-ci, TVA par-là. L’argent, rien que l’argent. Mais si l’Algérie n’avait pas cet argent? Si on était dans le même contexte économique que celui de 1986? Qu’en serait-il advenu de nous? Sans blé, sans lait, sans pomme de terre? Rien que d’y penser, on en a des sueurs froides. Mais grattez, monsieur le ministre, grattez encore un peu plus pour aller à la rencontre de la solution pérenne! Pourquoi rester en surface en ne pensant qu’à la manne pétrolière pour aborder le moindre problème d’approvisionnement qui surgit? Un ministre n’est pas un pompier. Son rôle est fait, d’abord et avant tout, de prévisions et de prévention. Va pour cette récolte qui sera réglée avec les subventions. Et les autres récoltes, celle de 2009, de 2010 et les suivantes? Etes-vous certain que l’argent débordera toujours des caisses de l’Etat? Que vous annonciez le recours à la subvention à titre exceptionnel, tout en avançant parallèlement des solutions à moyen et long termes, cela aurait été plus rassurant. Ne l’ayant pas fait démontre que les solutions pérennes font défaut, et c’est là le drame. Il est inutile d’épiloguer encore une fois sur le défaut de mécanismes fiables et étanches qui empêchent les subventions de faire la joie des spéculateurs au lieu de profiter aux consommateurs. Qu’elles soient attribuées en amont ou en aval! Pour les agrumes, vous faites l’aveu que rien n’a été fait pour renouveler le verger national qui date de l’ère coloniale. Est-ce tellement différent pour les céréales? Est-ce tellement différent pour la production laitière? Pourquoi n’avons-nous pas développé la culture intensive des céréales? Pourquoi ne pas agir sur la fiscalité, ce grand levier incitateur de production? Pourquoi ne pas agir sur le foncier agricole et prévoir une cession avantageuse pour les céréaliers, pour les fermes laitières...avec, en contrepartie, un cahier des charges des plus rigoureux? Nous avons la chance d’avoir un grand pays dont une bonne partie est en jachère perpétuelle. Le désert saoudien est-il plus généreux pour se prêter à la culture intensive au point de faire, aujourd’hui, de ce pays un exportateur de blé? Les leviers de régulation se trouvent dans un savant dosage, dans le temps et dans l’espace, de mesures incitatives et de mesures restrictives, voire de mesures répressives. Le tout est de manier ces leviers d’une main de maître. Tout le problème est là! L’argent n’est et ne sera qu’une solution de facilité. Malheureusement, à un immense problème vous répondez avec de petites solutions. «Laissez-moi vivre aujourd’hui et tuez-moi demain!» Un très mauvais dicton bien de chez nous qui fait l’affaire, n’est-ce pas?
Zouhir MEBARKI
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