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Légitimité
29 Janvier 2008
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Le chef du gouvernement vient de clamer haut et fort que «le Conseil de la nation sera maintenu et gardera le même statut dans la prochaine Constitution». Pourtant, il y a deux ans, Abdelaziz Belkhadem soutenait que «le Sénat n’a plus de place dans l’échiquier politique algérien». Pour lui, «le moment est venu de supprimer une chambre qui a été créée pour une mission bien déterminée durant une période politique délicate».
Ainsi, la révision de la Constitution se précise de plus en plus. Les articles à amender sont même rendus publics. Cette révision de la Constitution interviendrait dans le cadre de la réforme de l’Etat. Or, dès que le sujet de la révision de la Constitution est abordé, il y a ceux qui pensent qu’il y a une arrière-pensée politicienne.
Ce qui traduit la frilosité et même la hantise qui nouent les tripes de la classe politique. Connaissant l’hypersensibilité des Algériens par rapport à la question, le chef de l’Etat a pris les devants en annonçant la couleur en 1999. Mais aussi pour ne pas tomber dans les pièges qui ne manqueront pas de jalonner le chemin de la réforme devant consacrer le toilettage de la loi fondamentale du pays. Or, le temps presse.
Et pour rester dans la légalité et la perspective du débat, il y a urgence à désigner la personne ou l’institution devant prendre en charge ce chantier. Et ce, afin d’éviter que le travail ne soit pollué par des interférences politiciennes. Les termes de référence et la feuille de route de celui ou celle qui sera chargé de la tâche doivent, en ce sens, être très clairs et plus tôt ils seront rendus publics, mieux ce sera. Car le chantier est vaste.
D’autant que les amendements ne concerneront pas uniquement le verrou du mandat. Et Abdelaziz Belkhadem a donné quelques aperçus en affirmant d’ores et déjà que l’Islam demeurera religion de l’Etat et que le Conseil de la nation sera maintenu.
Dire que c’est un revirement, c’est être naïf. C’est également réduire les rapports de force à de simples querelles politiciennes. C’est aussi les réduire à une polarisation. Il y aura toujours ceux qui soutiendront le contraire.
Le jeu des stratégies et des alliances suivant sa propre dynamique centripète, il n’est alors pas du tout surprenant de constater que l’équilibre se trouve maintenu plus ou moins à l’identique. C’est en fait un pur effet d’agencement. Car, omettre de prendre en compte une règle centrale du jeu politique, à savoir que si des députés acceptent de débattre d’une question, c’est qu’ils reconnaissent de facto la légitimité de réviser la Constitution. Reste, certes, à savoir si la révision de la Constitution sera soumise au débat.

Smail ROUHA

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