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L’Afrique face à elle-même
31 Janvier 2008 Lu 426 fois
Retour à Addis-Abeba. Que vont se dire les chefs d’Etat africains réunis dans la capitale éthiopienne pour leur Sommet annuel lorsqu’ils sont conviés à se pencher en urgence sur une crise qui menace la stabilité d’un pays, le Kenya, et d’une région, la Corne de l’Afrique? Mais ce n’est jamais là que l’énième conflit qui frappe l’Afrique. A voir les motivations qui sous-tendent cette nouvelle crise, qui a ses origines dans la contestation par l’opposition des résultats du scrutin présidentiel, il faut bien admettre que la gouvernance africaine laisse encore à désirer au regard des retombées du dernier scrutin organisé en Afrique, dans le pays en question, le Kenya. C’est dire que beaucoup, beaucoup, reste à faire pour mener le continent africain au niveau demandé. Or, outre les conflits de toutes sortes qui minent l’Afrique, il y a ce scandale inacceptable de l’embrigadement des enfants dans les guerres, alors que le continent déplore la mort d’un enfant toutes les trois minutes. L’espérance de vie d’un jeune Africain est l’une des plus réduites des cinq continents. De multiples raisons expliquent cette terrible hécatombe: la faim, les maladies et les conflits dont ils sont les victimes innocentes. Mais, encore une fois, un Sommet africain des chefs d’Etat et de gouvernement aura à parer au plus pressé: concilier les «frères» africains pour les inciter à limiter les dégâts. C’étaient l’Angola, la RDC, la Sierra Léone, le Liberia, hier, la Côte d’Ivoire, encore la RDC, le Darfour, et maintenant et aujourd’hui, le Kenya. Ainsi, les efforts de l’Afrique ne sont pas consacrés à trouver les voies et moyens pour sortir de l’ornière mais encore et toujours à colmater les brèches apparues dans «les» citadelles africaines. Et cela ne laisse certes pas de place, ni du temps, pour s’occuper des vrais problèmes qui entravent le développement de l’Afrique et qui sont et restent le travail, l’éducation, la santé (plus de 20 millions d’Africains au sud du Sahara, sont séropositifs), phagocytés par les guerres quand les budgets de Défense accaparent l’essentiel des moyens financiers des Etats africains. De fait, l’un des obstacles au développement est cette dette extérieure due aux milliards de dollars investis dans l’achat inconsidéré d’un armement dont le montant aurait été mieux utilisé pour améliorer le bien-être des populations africaines. C’est cela le revers de la médaille africaine, en sus de la persistance des dictatures et de la mal-gouvernance. Pourquoi se cacher ces vérités alors que l’Afrique se trouve dans une situation peu en rapport avec ses richesses minières et pétrolières qui sont immenses? Voilà, en fait, l’urgence de l’heure de l’Afrique, mais gageons qu’à Addis-Abeba, les chefs d’Etat et de gouvernement africains auront d’autres chats à fouetter et d’autres préoccupations et problèmes à résoudre.
Karim MOHSEN
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