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Le tourisme après les Assises
13 Février 2008
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Que de bruit, ces jours-ci, autour du tourisme! Des milliers d’experts au chevet du malade. Des assises retransmises en live sur le Net. Bref, c’est le branle-bas de combat autour d’un sujet qui est, il est vrai, l’une de nos plus grandes richesses. Une richesse inexploitée malheureusement jusque-là. Les raisons sont multiples. Tellement multiples qu’elles constituent un écheveau difficile à démêler. Dans le tintamarre fait autour du sujet ces jours-ci, il est question d’hôtels à construire, de villages à créer, d’investissements, de formation, etc. Cela fait beaucoup de conditions préalables. Avec le temps et une forte volonté politique, cela n’est pas du domaine de l’impossible. Mais cela n’autorise pas comme l’a fait le ministre du Tourisme, d’annoncer l’arrivée à l’horizon 2025, de 20 millions de touristes. Comme cela n’autorise pas non plus le secrétaire général de l’Organisation mondiale du tourisme, M.Francesco Frangialli, d’affirmer que le terrorisme n’influe nullement sur le tourisme. Pour notre ministre, faut-il rappeler que le plus dur, avec tous les moyens du monde, et comme l’a si bien souligné le président de la République dans son message aux assises: «Le schéma directeur d’aménagement touristique définit un projet touristique global associant le maximum d’acteurs et plus particulièrement la population locale».
Comment compte faire notre ministre pour impliquer la population? Pour lui redonner globalement les vertus de la sociabilité, de l’accueil chaleureux, de l’hospitalité ancestrale perdue depuis longtemps et on en passe? Il ne le dit pas. Sa promesse de 20 millions de touristes rappelle étrangement la formule récurrente du temps du parti unique: «Justement nous avons un projet pour cela. Nous prévoyons de faire... Nous avons prévu de...». Ainsi étaient enterrés les problèmes. Autres temps, autres moeurs. Aujourd’hui, il faudra nous expliquer clairement le programme retenu pour «impliquer la population», c’est-à-dire l’Algérien.
Tous les Algériens et pas seulement les professionnels du tourisme pour qui une formation est prévue. Sinon tout ne sera que promesse et même les villages d’excellence ne seront réalisables que s’ils prennent l’aspect de villages «bunker» comme le fameux CET géré par le Club Méditerranée dans les années 70 à Tipaza. Un village «bunker» d’où étaient exclus les Algériens.
Quant à l’affirmation de M.Frangialli qui cite, pour appuyer ses dires, les attentats de Madrid, de Louxor en Egypte et à Djerba en Tunisie, celle-ci a tout l’air d’un discours de circonstance. D’abord, par la différence entre tragédie et attentats exceptionnellement commis ici et là. Ensuite, il oublie que la plupart des pays occidentaux recommandent à leurs ressortissants d’éviter autant qu’ils le peuvent de se rendre en Algérie. Ce n’est pas le cas pour les pays qu’il cite.
Aucun bruitage, aussi savant soit-il, n’y pourra rien. Sans la paix et surtout celle des esprits, point de salut. Quand les lumières des assises et leurs promesses s’éteindront, chacun retournera vaquer à ses occupations...jusqu’aux prochaines assises.

Zouhir MEBARKI

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