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Décalage
21 Février 2008 Lu 635 fois
On multiplie les opérations tape-à-l’oeil que l’on oublie vite, une fois les lumières des sunlights éteintes. Un volontarisme «institutionnel» qui cache mal l’indigence de la pensée politique actuelle qui laisse de côté les vrais problèmes qui se posent à la nation et aux citoyens. N’a-t-on pas vu l’auguste Assemblée populaire nationale se pencher, toute affaire cessante, sur l’urgence que constitueraient, selon les représentants du peuple, la vente de boissons alcoolisées ou l’exigence de l’importation de voitures de moins de trois ans. Or, au jour d’aujourd’hui, la prohibition est-elle l’urgence de l’heure, l’importation de voitures d’occasion est-elle la panacée quand les accidents ensanglantent les routes algériennes? C’est à peu de chose près, le même décalage qui affecte le gouvernement qui organise forums et séminaires, quand il fallait réfléchir au moyen de trouver des solutions sur le long terme aux maux qui frappent de plein fouet les citoyens dans leur travail, dans leur affectivité et dans leur devenir. L’augmentation alarmante de jeunes drogués, la prostitution devenue par la force des choses, un ultime recours, le chômage qui marginalise chaque année des milliers de citoyennes et de citoyens aptes à travailler, voilà les vrais maux qui rongent une société qui se délite de plus en plus. Nombreux sont les jeunes qui, faute de moyens, s’exilent, se livrent à la «harga» ou se suicident. Or, la «harga» et le suicide sont devenus l’une des réalités de cette Algérie, inapte à répondre aux cris de désespoir de ses nationaux. C’est ce même désespoir qui pousse ces jeunes gens et jeunes femmes - au prix d’affronts et d’humiliations de toute sorte - à lâcher les amarres avec le pays. Les Algériens qui assiègent les ambassades pour avoir un visa, ceux acculés à la «harga» ou pire au suicide, disent le malaise réel dans lequel vit la société, malaise qu’il serait malséant de minimiser, voire d’occulter. Sociologues et psychologue sont aujourd’hui confondus par cette équation: pourquoi ce désir de partir, de couper avec la terre de ses racines? N’étant ni sociologue, ni psychologue nous laissons le soin à ces spécialistes de répondre à l’interrogation. Or, même les citoyens supposés «installés» sont partis, indiquent des sources selon lesquelles pas moins de 700 médecins spécialistes algériens ont quitté le pays en 2007. Une autre hémorragie pour l’Algérie qui, chaque année, perd environ un millier de ses «cerveaux». Faut-il souligner que ces «fuites de cerveaux» et des jeunes contribuent à accentuer le sous-développement dont souffre l’Algérie. Ce sont ces problèmes qui constituent la véritable urgence du pays qui n’ont, cependant, reçu aucune réponse adéquate de la part du gouvernement et des représentants du peuple. Cela explique pourquoi la bonne gouvernance, l’Etat de droit et pour tout dire, la démocratie, toutes ces pratiques qui font le citoyen et créent la citoyenneté, demeurent virtuelles avec tout ce qu’elles induisent sur l’état général de la nation.
N. KRIM
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