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L’Algérie dans la guerre de l’eau
25 Février 2008 Lu 699 fois
Il est de notoriété publique que le XXIe siècle sera celui des guerres ayant l’eau pour enjeu. Un rapport de la CIA cite une dizaine de conflits hydriques potentiels à travers le monde. Si Israël a restitué le Sinaï à l’Egypte mais s’obstine à rester au Golan, c’est bien à cause des ressources en eau que recèle ce plateau syrien. Le Nil, qui est le plus long fleuve d’Afrique et qui traverse pas moins de sept pays, fait partie de ces conflits potentiels. L’épuisement des ressources hydriques mondiales, aggravé par une croissance démographique qui, en 2050, portera la population de la planète à 10 milliards d’êtres humains, explique la gravité de l’enjeu. Une prospective qui n’incite guère à l’optimisme sur ce qui attend l’humanité dans quelques décennies. En Algérie, grâce aux recettes pétrolières exceptionnelles et au Président Bouteflika, qui a su en faire bon usage -même ses plus coriaces opposants ne peuvent le nier-, la bataille de l’eau est en passe d’être gagnée. De 14 barrages en 1962 nous sommes passés à 59 barrages actuellement tandis que 10 autres seront réceptionnés en 2009. Le plus important d’entre eux est celui de Beni Haroune qui est un véritable complexe hydraulique au bénéfice de cinq wilayas. L’inauguration, hier, de la station de dessalement d’eau de mer dans la capitale par le président de la République n’est que l’une des 13 stations prévues d’Est en Ouest sur le littoral du pays. Un apport supplémentaire qui nous met à l’abri de tous risques liés à la sécheresse. Si l’on y ajoute l’immense nappe albienne dont profitent pour l’instant Ouargla et Biskra et la nappe intercalaire dont on puise depuis In Salah pour approvisionner Tamanrasset, c’est tout le pays qui est ainsi «arrosé». Le tour de force est dans le maintien des prix de l’eau toujours à leur niveau actuel, comme l’a précisé Chakib Khelil, samedi soir à la télévision, alors que beaucoup «d’experts» avaient prédit que le dessalement allait aboutir à un prix inaccessible pour les ménages. Tout comme l’université Johns Hopkins qui avait «prédit» en 2004 que «l’Algérie est l’un de ces nombreux pays africains où la quantité annuelle d’eau par personne y sera inférieure à 1000m3 en 2025» sachant qu’un Américain consomme 2000m3 par an. Le must sera atteint le jour où le civisme fera partie intégrante de notre société pour un usage des plus rationnels de cette précieuse denrée. Quand on évitera l’usage inconsidéré et les fuites. Voilà une note d’optimisme si rare par les temps qui courent.
Zouhir MEBARKI
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