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L’argent ne peut pas tout
26 Février 2008 Lu 659 fois
Le lait n’en finit pas de faire des siennes. Ces jours-ci, il s’agit de quotas que les producteurs privés contestent. Il en va du lait comme de la pomme de terre ou du blé. Des problèmes qui ont la «peau dure» et que le gouvernement peine à régler une fois pour toutes. Bien sûr que les causes sont exogènes. Bien sûr que les spéculateurs ne ratent pas de si «belles» occasions. Bien sûr, bien sûr,...Sauf que tous ces problèmes étaient dans l’air depuis des décennies. Quand on sait que nous n’avons pas de vaches laitières. Quand on sait que nous ne produisons pas assez de blé ou de pomme de terre. Quand on sait tout cela et que rien n’est fait pour éviter d’arriver là où nous sommes, il n’y a vraiment pas de quoi être surpris. Si parmi les grandes priorités du programme présidentiel beaucoup a été fait, comme pour l’eau, le logement, les grands travaux structurants, la dette,...l’agriculture, elle, s’est limitée à la culture maraîchère. Même avec ce seul segment, il n’y a pas de quoi pavoiser au regard de l’envolée des prix liés à l’offre. Pourquoi le ministère de l’Agriculture, en place depuis des années, n’a pas accordé l’intérêt voulu à la promotion de fermes laitières? Aucune mesure incitative n’aurait été de trop pour s’assurer l’autosuffisance. Pourquoi ne pas avoir pensé à exonérer de tout impôt pendant un temps toute nouvelle exploitation de production laitière? Le manque à gagner fiscal aurait été certainement moindre que tous ces millions, voire des milliards de dollars dépensés en importation et autres subventions. Pourquoi n’avoir pas pensé à une formule identique pour la culture intensive des céréales? Pourquoi n’avoir pas engagé de programme ambitieux pour une mécanisation à grande échelle? Pire encore, lorsqu’on évoque le renouvellement des arbres fruitiers où rien ou presque n’a été fait. Pour notre malheur, les programmes de développement dans notre pays sont compris en termes d’enveloppes et de budgets alloués. Il suffit de dire que tout a été dépensé pour faire croire que la mission est réussie. Les résultats visibles sur le marché sont accablants. On sait que tous les grands chantiers sont suivis personnellement par le chef de l’Etat. Le projet de l’autoroute Est-Ouest, les stations de dessalement d’eau de mer, etc. L’agriculture elle aussi, aurait dû être rattachée organiquement à la Présidence. Elle ne l’a pas été et voilà le résultat. Bientôt le logement pour tous, l’eau pour tous. Il manque l’alimentaire, l’emploi - que le bâtiment, les travaux publics et l’agriculture sans la formation professionnelle n’ont pu régler- puis les loisirs pour que les Algériens n’aient plus de pulsions «harragas». Au lieu de cela, nos ministres accusent le marché international. Sans se rendre compte qu’avec un tel discours, ils aggravent leur cas. L’équation est pourtant d’une simplicité enfantine. Pourquoi, quand un ou deux ministres réussissent des prouesses, d’autres échouent lamentablement? Et quand ce n’est pas l’argent qui fait défaut...
Zouhir MEBARKI
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